(texte provisoire)
1 – Vers 1500 Av. J-C : Les Lapitas
Les Lapitas, arrivant du Vanuatu, sont les premiers habitants de la Nouvelle Calédonie. Ils sont d’origines austronésiennes et s’installent sur les côtes de l’île et sur l’archipel.

Il y a 160 millions d’années le Gondwana se morcelle. Au début du Cénozoïque, le bloc Australien et la Nouvelle-Guinée se séparent graduellement en se dirigeant vers le Nord tout en pivotant sur lui-même et ainsi reste connecté au Gondwana pour une longue période.
La Nouvelle-Calédonie se sépare de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande durant la dislocation du supercontinent, de l’Australie à la fin du Crétacé (il y a 65 millions d’années) et de la Nouvelle-Zélande au milieu du Miocène.
Durant la glaciation de Würm à la fin du Quaternaire, l’ensemble de l’île formait une île unique, la barrière de corail témoignant de l’emplacement de ses côtes.
1500 av. J.C
Traces les plus anciennes de peuplement de l’archipel, les Lapitas, arrivant du Vanuatu, apparaissent aujourd’hui comme les premiers habitants de la Nouvelle Calédonie. Ils sont d’origines austronésiennes et s’installent sur les côtes de l’île et sur l’archipel.
Civilisation ancienne d’Océanie établie dans le Pacifique ouest aux premier et second millénaires avant notre ère, elle semble être apparue sur les îles Bismarck, au nord-est de la Nouvelle-Guinée, et s’est ensuite répandue sur environ 3 000 km d’extension. Plusieurs centaines de sites archéologiques Lapita ont été retrouvés dans une aire allant de la Nouvelle-Guinée jusqu’aux îles Samoa : archipel Bismarck, îles Salomon, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Fidji, Tonga, Samoa, Wallis et Futuna. Les recherches génétiques récentes attestent d’un fort peuplement d’origine taïwanaise d’ailleurs en lien avec les courants marins.

Les Kanaks sont arrivés en Nouvelle-Calédonie il y a environ 3 200 ou 3 000 ans, dans le mouvement d’expansion humaine ayant peuplé sur de grandes pirogues à voile l’immensité du Pacifique insulaire depuis les îles orientales de la Nouvelle-Guinée. Ils se sont installés en maîtrisant la poterie, la sculpture, et une agriculture sophistiquée (igname, taro, canne à sucre, etc.), et ont développé un système de tarodières (champs de taros) irriguées en terrasses et de billons (ou buttes) où sont plantées les ignames.
EN RESUME :
Grâce à l’archéologie, des traces matérielles découvertes lors des fouilles, on apprend que le peuplement de la Nouvelle Calédonie s’est fait à la suite de la progression des Austronésiens d’Asie du Sud-Est. Ils auraient atteint les Philippines en 2 000 av J-C, puis la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Calédonie vers 1 500 av J-C. Le peuplement se serait ensuite étendu peu à peu jusqu’à la Polynésie française vers l’an 900.
Cependant, une nouvelle théorie fait actuellement débat. Elle se base sur une découverte de squelettes dont l’ADN mitochondrial montre une origine taiwanaise “directe”.
L’approfondissement des recherches génétiques à l’avenir permettra de confirmer ou non cette hypothèse. Ce qu’il faut retenir c’est que l’ensemble du triangle polynésien a été peuplé entre 1 000 à 1 300 après J-C : Hawaii aux alentours de l’an 1 000, Rapa Nui entre 1 000 et 1 200 et la Nouvelle-Zélande entre 1 200 et 1 350.
2 – Septembre 1774 : Découverte par James Cook
James Cook, le navigateur Britannique est aperçu par les habitants du Nord de la Grande Terre. En passant au large de Kunié: il la nomme « L’île des Pins », en raison des pins colonnaires qui se dressent à l’horizon, et baptise la Grande Terre NOUVELLE-CALÉDONIE en référence à son Ecosse natale.

« […] A huit heures, alors que nous gouvernions vers le Sud, une terre fut découverte, située au Sud-Ouest (202°30′) […] Nous ne pouvions dire s’il s’agissait d’une terre continue ou d’un groupe d’îles », Journal de bord de James Cook.
3– A partir de 1793 :

Les baleiniers américains, anglais et français occupent les eaux océaniennes, exploitation du bois de santal pour le commerce avec la Chine.
« Nous fûmes reçus avec une grande courtoisie et avec la surprise naturelle de la part de gens qui voient des hommes et des choses aussi nouveaux pour eux que nous pouvions l’être »
4 – Année 1827 : Cartographie des Iles Loyautés
L’explorateur français Dumont D’Urville cartographie pour la première fois les archipels des îles loyautés: Maré, Tiga, Lifou et Ouvéa.

5 – 1841 : Arrivée des premiers missionnaires d’Hawaï : ils nomment « kanaka », homme en hawaïen les habitants de l’île.

6 – 1853 – 1864 : Annexion française et colonie pénitencière :
En 1853, La France de Napoléon III est en quête d’une colonie pénitentiaire et annexe la Nouvelle-Calédonie. C’est la première fois que les couleurs françaises sont hissées à Balade, au nord-est de la Grande Terre. (amiral Febvrier-Despointes). 1864 : création du bagne de Nouvelle-Calédonie
21 630 personnes y seront envoyées jusqu’en 1897. Dont 4 250 révolutionnaires de la Commune de Paris, dont Louise Michel.

Anecdote amusante (source : https://presencekanak.com) :
« Sylvestre Leconte, conseiller général et président de la commission municipale de Koné recevait le Gouverneur dans sa résidence. Il avait reçu du bagne un condamné pour s’occuper de son jardin. Ce condamné, jouant très bien du piano, animait les soirées lors des réceptions. Lors d’une de ces soirées, le Gouverneur arrive à la réception organisée en son honneur et salue les personnalités invitées pour l’occasion. Tout à coup, il se dirige droit vers le pianiste (le jardinier mis à disposition par l’administration pénitentiaire) et lui serre la main à la stupéfaction des invités et de Sylvestre Leconte. Celui-ci explique au Gouverneur que ce pianiste est un condamné du bagne. Le Gouverneur lui répond alors qu’il était honoré d’être reçu dans les salons de ce monsieur lorsqu’il était à Paris. Ce condamné était un grand banquier qui avait incendié son établissement pour dissimuler une faillite. Il avait été condamné au bagne à vie et n’avait jamais révélé sa véritable identité »
(Souvenir de Monsieur Michel Magnier sur le groupe facebook « Ma douce Calédonie d’antan »).
7 – 1874 : Le Boom du Nickel
L’exploitation du nickel, minerai découvert dix ans plus tôt par l’ingénieur Jules Garnier, débute près de Nouméa.

De 1892 à 1919, environ 5 500 travailleurs japonais ont été recrutés par des compagnies minières en Nouvelle-Calédonie. De 1896 jusqu’en 1949, près de 90 bateaux vont emmener 19 510 individus par vagues successives depuis l’Indonésie.
8 – 1878 : la rébellion kanak contre la colonisation
Le chef Ataï mène la première rébellion kanak contre la colonisation. 1 200 Kanak et 200 Européens sont tués. Ataï est décapité et sa tête envoyée à la Société d’anthropologie de Paris pour étude.

9 – 1887 : Mise en place du Code de l’indigénat :
Les Kanaks ne sont pas citoyens, mais sujets français.
A partir de 1894 : l’Etat français se proclame propriétaire de la majorité des terres et en attribue aux colons. Les Kanaks sont cantonnés dans des réserves et progressivement dépossédés de leurs terres.
10 – 1902 : Arrivée de Maurice Leenhardt
Missionnaire et ethnologue en Nouvelle-Calédonie. Il traduit le Nouveau Testament en langue houaïlou. Publication des premiers mythes et contes Kanak et surtout auteur de

« On nous a montré un peuple s’élançant dans les bras d’un bon Jésus, mais je ne trouve guère que le fier canaque de l’Insurrection qui, vaincu, préfère ne pas avoir d’enfants que de les voir exploités par les « blancs ». » (Maurice Leenhardt, Lettre à son père, 1903)
11 – 1917 : pression coloniale sur les Kanak :
Alors que la Première Guerre mondiale fait rage en Europe, l’administration coloniale fait pression sur les Kanak pour qu’ils s’engagent dans l’armée française (ils n’ont pas le statut de citoyens). S’ensuit une révolte. Trois des leaders kanak finiront décapités.
12 – 1931 : Fermeture du bagne et Exposition coloniale de Vincennes
111 Kanak sont exhibés à l’Exposition coloniale de Paris, présentés comme «cannibales authentiques». La même année, le bagne est fermé définitivement.
13 – 1940 : Après un coup d’état contre l’administration française qui chasse le gouverneur Pélicier, les Calédoniens rejoignent le Général de Gaulle.
14 – 1942 : La Nouvelle-Calédonie : base Américaine dans le Pacifique :
Pendant la Seconde Guerre mondiale l’armée américaine installe un contingent de 40 000 soldats sur le territoire calédonien, qui deviendra la principale base américaine dans le Pacifique :

L’arrivée des Américains changera définitivement le quotidien des Calédoniens qui feront alors un bon dans la modernité : lave-linge, réfrigérateur, … entreront dans les familles Calédoniennes et modifieront profondément leur quotidien.
16 – 1946 – Abolition du code de l’indigénat
Les Kanaks obtiennent la citoyenneté française puis progressivement le droit de vote (1957). La Nouvelle-Calédonie passe du statut de colonie a celui de territoire d’Outre-Mer qu’on appellera un TOM, un territoire d’outre-Mer.

17 – 1968- 1980 : LE RÉVEIL CALÉDONIEN :
Inspirés de la « mai 1968 », fondation des Foulards rouges » qui porte principalement des revendications sur l’identité kanak. Création à Nouméa en 1969 du premier parti politique kanak : l’UM (Union multiraciale). En 1975, Mélanésia 2000 est le nom du premier festival des arts mélanésiens. Venus de toutes les tribus de la Grande Terre et des îles Loyautés, plus de 2.000 Kanak y participent comme acteurs. Les entrées des spectateurs furent estimées à 50.000 personnes.

« Je me permets de faire le rêve qu’en l’an 2000, le profil culturel du Calédonien comportera aussi bien des éléments européens que mélanésiens. Mais un préalable est nécessaire : la reconnaissance réciproque des deux cultures. » – JM Tjibaou, pdt organisateur du Festival.
17 – 1984 – 1988 : Les « Événements »
Ce triste surnom des « Événements » est donné à la violente période d’affrontements entre indépendantistes et loyalistes, qui est malheureusement connue pour le massacre de la grotte d’Ouvéa en avril 1988.
En 1984, il y a eu création du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste). Il organise le boycottage des élections territoriales par les Kanak. L’île est au bord de l’insurrection. Le 5 décembre, près de Hienghène, dix Kanak sont assassinés lors d’une embuscade tendue par des fermiers caldoches.
En 1988, à Ouvéa, le 22 avril, 4 gendarmes sont tués par des militants du FLNKS. Le 5 mai, l’armée donne l’assaut dans la grotte de Gossanah où 27 gendarmes sont retenus en otage. 19 Kanak et 2 militaires sont tués.

18 – 26 juin 1988 : Accords de Matignon :
Signés par Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, et Jacques Lafleur, leader du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), anti-indépendantiste, sous l’égide du Premier ministre, Michel Rocard. Il prévoit un scrutin sur l’autodétermination du territoire dans les dix ans. Les accords esquissent les contours d’une nouvelle communauté de destins. Leur poignée de main historique scelle le compromis et ramène la paix civile sur le Caillou :

19 – 1989 : assassinat de plusieurs cadres du FLNKS
Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, cadres du FLNKS, sont assassinés à Ouvéa par Djubelly Wéa, un indépendantiste kanak opposé aux accords de Matignon, le 4 mai 1989, à Ouvéa, lors de la cérémonie de levée de deuil.

20 – 1998 : Accords de Nouméa :
Dix ans après les accords de Matignon, signature de l’accord de Nouméa qui prévoit le tenue de différents référendums (3) sur l’indépendance à partir de 2018.
L’accord de Nouméa est signé sous l’égide de Lionel Jospin, Premier ministre, par Jacques Lafleur et Roch Wamytan, le nouveau chef du FLNKS. Il prévoit l’émancipation progressive du territoire. 72 % des Calédoniens approuvent l’accord par référendum vers une émancipation progressive du territoire.

04 mai 1998 : Inauguration du Centre Culturel Tjibaou
par Lionel Jospin à Nouméa. Le superbe bâtiment a été construit d’après la vision de l’architecte Renzo Piano

21 – 2004 : Réconciliation à Tiendanite :
Divisées depuis quinze ans, les familles Tjibaou, Yeiwéné Yeiwéné et Wéa se retrouvent le 17 juillet à Tiendanite autour d’une coutume de pardon.
22 – 2010 : Légitimité des drapeaux français et kanak :
Le Premier ministre François Fillon officialise la double légitimité des drapeaux français et kanak. Jacques Lafleur meurt le 4 décembre.

23 – Octobre 2013 : « L’art est une parole » exposition au Musée du Quai Branly, Paris
L’exposition « L’art est une parole » sur l’art kanak au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac à Paris, est dédiée à une meilleure compréhension des enjeux politiques, culturels et identitaires d’une société en transition partagée entre partisans de l’indépendance et ceux qui la rejettent.

24 – 2014 : Crâne d’Ataï aux Kanak
Le Muséum d’histoire naturelle de Paris restitue le crâne d’Ataï à ses descendants, 136 ans après la mort du chef kanak insurgé. Le 26 avril: Charte du Peuple Kanak.

25 – En 2018 et 2020 : 1er et 2nd RÉFÉRENDUM d’indépendance :
Lors de ces référendum sur l’autodétermination, le NON à l’indépendance l’emporte à 56,67 % des voix en 2018 et 53,32 % en 2020.

26 – 12 décembre 2021 : Troisième référendum :
Le dernier référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a été organisé le 12 décembre 2021, soit à la date prévue malgré la demande de report formulée par les indépendantistes. Lors de cette dernière consultation, le « non » l’a emporté avec 96,50% des voix. La participation à ce scrutin a été de 43,87% en raison du boycott des indépendantistes.

23 – Février 2023 :
Début du mois : arrivée du Préfet Louis Le Franc nommé haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie (grand connaisseur et amoureux du territoire avec une fille mariée à un kanak); fin du mois : les différentes composantes du FLNKS signent un accord commun pour parler d’une seule voix lors de la visite de Gérard Darmanin, Ministre de l’Intérieur, chargé d’inaugurer les discussions sur un nouveau statut de l’île.
