LA DÉMOCRATIE 1

(texte provisoire)

« La démocratie consiste dans l’exercice, soit direct, soit indirect, du pouvoir par le peuple. Cette organisation politique implique un état social caractérisé par le fait que tous sont égaux devant la loi, que tous possèdent les mêmes droits. Les fonctions sont accessibles à tous, (…) les citoyens devant être appelés à la vie intellectuelle et morale, et de plus en plus mis en état d’exercer, d’une façon efficace et raisonnée, la part de pouvoir qui leur est attribuée, l’Etat démocratique a l’obligation d’instituer des œuvres d’instruction et d’éducation, et des œuvres de solidarité. Le régime démocratique a pour instrument le suffrage universel et pour cadre plus particulièrement approprié la forme républicaine ».

Encyclopédie Larousse du XXe siècle, 1929, (T. II p. 760).

Quelle est l’histoire de la démocratie ?

Les bases de la démocratie – des mots grecs « dêmos » qui signifie « peuple », et « kratos »,  « puissance ou pouvoir » – sont en fait posées dès le Ve siècle avant J.-C., à Athènes. Sur l’Agora, le lieu de rassemblement dans la capitale grecque, les citoyens débattent et décident des règles qui régissent la vie de la cité. C’est la démocratie directe où les citoyens exercent directement le pouvoir.

Mais il faut attendre le XIXe siècle pour qu’une théorie aboutie voie le jour. Elle est l’œuvre d’un juriste, Abraham Lincoln, 16e président des États-Unis d’Amérique, élu en 1860, puis 1864. Un siècle et demi plus tard, sa fameuse phrase continue de faire référence.

Pouvoir du peuple ?

En d’autres termes, il s’agit d’un système d’élaboration de règles institué par le peuple qui doit obéir à ces règles.

Pourquoi la démocratie?

L’idée démocratique est sous-tendue par deux principes fondamentaux :

  1. Le principe d’autonomie individuelle: nul ne doit
    être soumis à des règles imposées par d’autres.

2. Le principe d’égalité: chacun doit avoir la même possibilité de peser sur les décisions affectant les membres de la société. Dans une démocratie l’ensemble des citoyens (sans
distinction de naissance, de fortune ou de capacité) détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote, selon le principe « un homme ou une femme (humain majeur) une voix »


Il n’existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qu’est une démocratie ou ce qu’elle n’est pas. Les pays du bloc de l’Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires. La Chine se dit démocratique. Mais

il est d’usage de considérer qu’une véritable démocratie doit respecter cinq critères (souvent appelé droits politiques) :


1 Choix des dirigeants exerçant le pouvoir par le biais d’élections libres ;
2 Existence d’une opposition politique organisée, libre qui peut s’exprimer ;
3 Existence d’un système judiciaire jugeant sur la loi
;

4 Avoir connu au moins deux alternances ;
5 Existence de média indépendantes et libres.

Le modèle idéal : la démocratie représentative ?

On pourrait dire, à plusieurs égards, que les individus exercent un certain contrôle sur le processus législatif dans une démocratie représentative. Une fois encore, c’est un modèle idéal, qui ne reflète pas fidèlement la situation politique dans de nombreux pays.

Dans ce modèle idéal,

  1. Les citoyens influent sur le processus législatif en ce qu’ils choisissent ceux qui feront les lois. En théorie, lors des élections, les citoyens font leur choix entre différents représentants potentiels de leurs intérêts; ils peuvent donc choisir celui dont le programme est le plus proche de leurs préoccupations.
  2. Les décideurs sont censés se présenter aux prochaines élections pour être ré-élus. Durant leur mandat, les législateurs, conscients qu’ils seront jugés sur leur bilan, éviteront de voter des lois inacceptables aux yeux du peuple. C’est une forme de contrôle implicite.
  3. Les citoyens disposent en principe de nombreux moyens pour exprimer leur mécontentement face à une politique ou à des lois particulières et ainsi répercuter le message à leurs représentants.
  4. Les citoyens ont aussi, en théorie, l’occasion d’exercer une influence plus positive sur le processus législatif en échangeant des vues avec les représentants politiques, par l’intermédiaire des ONG ou d’autres groupes de pression et organes consultatifs.
  5. En dernier ressort, tout individu est libre de se présenter aux élections s’il juge qu’aucun des
    candidats n’est capable de représenter ses intérêts.

« Deux hourras pour la démocratie : le premier parce qu’elle admet la diversité et le second parce qu’elle permet la critique. Deux hourras suffisent amplement : il n’y a pas de raison d’en trouver trois » E.M FORSTER.

EN GUISE DE CONCLUSION :

La démocratie est une ligne d’horizon politique, un idéal, vers lequel tendent des méthodes de
gouvernement. Dans les faits, aucune démocratie n’est complètement démocratique car ce type de
gouvernement suppose une honnêteté sans faille des forts vis-à-vis des faibles, la condamnation de tout abus de pouvoir.

Ainsi un état qui possède un parlement effectif et un gouvernement qui applique les décisions avec mesure est une démocratie. De même un village avec une assemblée d’anciens et un chef qui applique les décisions avec « justice » est aussi une forme de démocratie.

CINÉMA :

Scène mythique du duel final de ce magnifique western signé Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand, sur une musique culte d’Ennio Morricone

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NOS TEXTES :

  • Hérodote, « Le meilleur régime » in L’enquête, III, parag. 80.
  • Thucydide, « Le nom de démocratie » in La Guerre du Péloponnèse, Livre II, parag. 37-41.
  • Aristote, « Le principe de la démocratie » in Les Politiques, livre VI, chap. 2.

Le Plus :

« L’antiquité athénienne inventa le terme, et la notion corrélative de citoyenneté, dans une forme sociale reposant sur l’esclavage, de sorte que seuls des hommes, et non des femmes, « libres », c’est à dire non-esclaves, pouvaient être citoyens. En revanche, l’idéal démocratique moderne fut, quant à lui, conçu en s’opposant à l’idée que le pouvoir vient de Dieu – ce que dit la monarchie de droit divin ; mais aussi à l’idée qu’il se fonde sur le lignage – ce que croit la noblesse. On peut préciser que l’idée de situer la source d’où vient le pouvoir politique dans le peuple s’oppose à quantité de croyances et quantité de pratiques : par exemple à la conviction que le pouvoir tient sa légitimité de la supériorité des armes (prétendu droit de conquête ; pouvoir « au bout des fusils ») – ou bien de la puissance des plus riches, qui leur octroierait « tous les droits ».

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social.

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NOS VIDÉOS :

ALORS CALEDOBOY, DEMOCRATE ???