
PAUL GAUGUIN (1848-1903) :
En 1891, Gauguin décide de se rendre à Tahiti pour y vivre, car spirituellement il se sent plus proche d’une société restée encore « naturelle » au sens rousseauiste, plus simple que son environnement français ( à Paris, il travaillait dans une banque). Quelques années plus tard, en 1897, il a commencé à peindre ce tableau qu’il terminera en 1898. Cette oeuvre-testament marque le point culminant de son travail. A ce moment là, Gauguin avait des pensées suicidaires.

Ce grand tableau doit être lue de droite à gauche, car les principaux groupes de figures donnent une illustration complète des questions posées dans le titre : « D’où venons-nous? Que sommes- nous? Où allons-nous? « .
Description :
Trois filles avec un enfant nous racontent le début de la vie avec une mère allongée qui accouche; le groupe intermédiaire nous parle de l’existence quotidienne de la maturité avec l’éclat sexuel de la beauté; le dernier groupe, ou plutôt la vieille femme, se rapproche de la mort, à première vue car, à ses pieds, un oiseau blanc est représenté, qui peut-être se prépare à l’emmener ailleurs… L’idole bleue représentée dans la vue arrière raconte probablement l’histoire de l’autre monde. En ce qui concerne ce tableau, GAUGUIN déclara ce qui suit: « J’ai la conviction que cette toile a une supériorité non seulement sur toutes mes précédentes, mais aussi que je ne pourrai jamais créer une œuvre meilleure ou similaire »
Mais elle n’empêchera pas le peintre de se donner la mort. « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » est donc, en quelque sorte, le testament artistique de Gauguin, et ses mots mieux que tout autre nous aident à en comprendre le sens et l’émotion :

« Dans ce grand tableau : Où allons-nous ? Près de la mort d’une vieille femme. Un oiseau étrange stupide conclut. Que sommes-nous ? Existence journalière. L’homme d’instinct se demande ce que tout cela veut dire. D’où venons-nous ? Source. Enfant. La vie commence. L’oiseau conclut le poème en comparaison de l’être inférieur vis à vis de l’être intelligent dans ce grand tout qui est le problème annoncé par le titre. Derrière un arbre deux figures sinistres, enveloppées de vêtements de couleur triste, mettent près de l’arbre de la science leur note de douleur causée par cette science même en comparaison avec des êtres simples dans une nature vierge qui pourrait être un paradis de conception humaine, se laissant aller au bonheur de vivre. »
GAUGUIN, Lettre à C.Morice (1901).

POURQUOI CE TABLEAU EST-IL INTÉRESSANT POUR NOUS ?

Parce qu’il peut constituer une excellente AMORCE pour une introduction de dissertation ou de texte.
C’est un exemple d’amorce possible dans une introduction de par l’utilisation d’un tableau célèbre :

La philosophie liée à notre existence, à notre interrogation sur le sens de la vie :

Cette peinture représente aussi la vie en Polynésie, au fenua.
On distingue bien les trois groupes de femmes : enfance, de toutes jeunes filles (jeunes femmes adultes) , les vieilles femmes (adultes).
Les trois questions du titre peuvent donc être reliées aux trois âges de la vie.
D’où venons-nous ?
Âge de l’enfance : le bébé, l’enfant. La question de l’origine posée au niveau individuel (la construction de soi) mais aussi un enjeu collectif (l’origine de l’Humanité).
Que sommes-nous ?
L’âge adulte : toutes les femmes. La nature humaine, les races. Qu’est-ce que nous sommes en tant qu’être humain ?
Où allons-nous ?
L’âge de la vieillesse : les femmes âgées. Question de la destinée : où allons-nous après la mort ? Qu’est-ce qui nous attend après la mort ? On peut aussi se demander où va le monde d’aujourd’hui ? Question cruciale vis à vis de la nature et de l’environnement.
BILAN :
La philosophie est avant tout interrogation, étonnement sur le sens de l’existence humaine mais aussi sur la société et le monde qui nous entoure. La philosophie avant d’affirmer des vérités qu’il faudrait accepter est un questionnement. C’est pour cela qu’elle demande d’avoir un esprit ouvert et critique.
