LA VÉRITÉ / 1

POUR LA CONCEPTION DU PLAN DU COURS : aller sur l’onglet « Méthodo« , cours 1.

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 » Les yeux ne peuvent connaître la nature des choses » Lucrèce, philosophe romain de l’Antiquité (1er siècle avant J-C).

Trois questions qui se posent à nous, concernant la nature de la vérité et les voies qui y conduisent.

Partie A du cours :

Qu’est-ce que la vérité ?

Comment pouvons nous l’atteindre ?

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Partie B du cours :

Pourquoi devons-nous toujours, par principe dire la vérité ? Le problème du mensonge.

PARTIE A

I. Définitions, Problème et enjeu :

  1. Sens logique (courant) : l’idée adéquate qui correspond à la réalité, le jugement qui concorde
  1. vrai = concorde // faux = ne concorde pas.
  • 2. Sens ontologique (philosophique) : l’être profond de la chose, son essence, ce qu’elle est vraiment, « le vrai de vrai » des enfants

Ici, la Vérité au sens logique, commun : Vrai / Faux / : sens logique. Photo de Staline et Léjov, lors du 2ème anniversaire de la Révolution d’Octobre (7 novembre 1919) puis à droite, photographie retouchée par Staline après l’exécution de Léjov. Léjov a disparu !

De gauche à droite : Nikolaï AntipovJoseph StalineSerguei Kirov et Nikolaï Chvernik. Ce document a été remanié plusieurs fois, chaque personne tombée en disgrâce voyant son image éliminée de la photo. A la fin, Staline apparaît seul sur le dernier cliché.

Premier sens :

  1. On appelle vérité au sens logique, la concordance d’une idée avec la réalité. C’est ce qu’on appelle la vérité comme adéquation. Elle renvoie à un jugement et au mot latin Verus, vera, veritas. Est vrai un jugement qui est cohérent, logique, conforme à la réalité constatée, en adéquation.

Deuxième sens :

  • 2 Mais à côté de cette vérité du jugement, il y a ce qu’on appelle la vérité ontologique, philosophique,métaphysique, plus profonde, celle que connaissent bien les petits enfants à savoir « le vrai de vrai » :

  • Elle désigne l’être profond de la chose, ce qu’elle est vraiment, son essence :
« La guerre de Sécession, la vraie guerre », Timothy O’Sullivan, bataille de Gettyburg en 1863, première photographie de presse prise sur un champ de bataille.

En grec, cette vérité philosophique renvoie à aleitheia qui veut dire « dévoiler« , « soulever le voile« 

Reste de la Tradition grecque : le dévoilement de la croix le jour de Pâques

Dans votre manuel de référence, accessible gratuitement en ligne sur  https://mesmanuels.fr/acces-libre/5589832

Texte n°9, page 177.

Texte de SPINOZA (1632-1677) :

  • « La première signification donc de Vrai et de Faux semble avoir tiré son origine des récits et l’on a dit vrai un récit quand le fait raconté était réellement arrivé; faux quand le fait raconté n’était arrivé nulle part. Plus tard, les Philosophes ont employé le mot pour désigner l’accord ou le non accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle Idée Vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle même ; Fausse celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature dans l’esprit. Et de là on en est venu à désigner de même par métaphore des choses inertes; ainsi quand nous disons de l‘or vrai ou de l’or faux, comme si l’or qui nous est présenté racontait quelque chose sur lui même, ce qui est ou n’est pas en lui. » Baruch Spinoza, Pensées métaphysiques (1663).

Thème du texte :

Qu’est-ce que la vérité ? Quelle est son origine ? La signification des adjectifs « vrai » et « faux ».

Thèse :

C’est uniquement dans l’ordre du langage et des jugements que nous pouvons construire et exprimer le vrai et le faux, c’est par le langage que ces termes prennent sens. La vérité est un jugement sur les choses, elle n’est pas à confondre avec la réalité. La vérité n’est pas une chose que l’on perçoit devant soi. Elle est une manière de qualifier un jugement.

Conclusion :

Tout l’intérêt de ce texte est de mettre en évidence le lien qui unit la vérité et le langage, la vérité et le discours. Ce qu’il faut donc retenir surtout, c’est que l’opinion commune confond généralement la vérité avec la réalité, or la vérité n’est pas la réalité. La vérité est une qualité du discours, un jugement sur la réalité.

Mais au fait :

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2°) Le problème central de la notion :

TEXTE de BERTRAND RUSSELL (1872-1970) (philosophe anglais) :

 » Pour bien comprendre toute la difficulté, concentrons notre attention sur la table. A la vue elle est rectangulaire, de couleur marron et brillante, au toucher elle est lisse, froide et dure ; quand je la frappe, elle rend le son sourd du bois. Quiconque voit et touche la table, ou perçoit ces sons sera d’accord avec cette description, si bien qu’il peut sembler qu’il n’y a là nulle difficulté ; pourtant, dès que nous essayons d’être plus précis, notre embarras commence. Bien que je croie que la table est “réellement” partout de la même couleur, les parties qui réfléchissent la lumière semblent plus brillantes que les autres, et certaines semblent blanches à cause de la réflexion. Je sais que si je me déplace la distribution apparente des couleurs sur la table aura changé. Il s’ensuit que si plusieurs personnes regardent la table au même moment, il n’y en aura pas deux qui verront exactement la même distribution de couleurs, puisque deux personnes différentes ne voient pas la table sous le même angle et que tout changement de point de vue transforme la manière dont la lumière est réfléchie.

Ces différences sont en général sans importance, mais pour le peintre elles sont capitales : le peintre doit perdre l’habitude qui consiste à penser que les choses paraissent de la couleur que le sens commun leur attribue comme leur couleur « réelle », et doit apprendre à voir les choses telles qu’elles lui apparaissent.

Nous voyons surgir ici une distinction parmi les plus embarrassantes philosophiquement – la distinction entre « apparence » et « réalité » – entre ce que les choses semblent être et ce qu’elles sont. Le peintre veut saisir l’apparence des choses, l’homme pratique [l’homme tourné vers l’action] et le philosophe veulent connaitre les choses telles qu’elles sont. »

Bertrand Russell, « Apparence et réalité », in Problèmes de philosophie (1912).

Un peintre : Augustin Le Sidaner (1862-1939) :

La table au soleil.

Intérieur avec une nappe rose

La table, harmonie en rouge

La nappe blanche

Conclusion générale du texte :

Dans le texte de Russel, on voit bien quel est le problème philosophique central de la vérité pour l’homme pratique et pour le philosophe. On ne voit des choses que ce que l’on en perçoit or personne ne voit en réalité les choses de la même manière selon la position où il se trouve.Toute perception semble donc relative et subjective. C’est par exemple ce que cherche à montrer un artiste, un peintre, il cherche à montrer comment il sent les choses, il les voit, lui, dans sa singularité.

Mais nous, l’homme pratique comme le philosophe, on veut savoir autre chose, si, par exemple, une bouteille d’eau est vraiment de l’eau ou n’est pas contaminée, empoisonnée par la belle-mère !

Le verre de la belle-mère !

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Alors questions de la notion :

Qu’est-­‐ce que l’apparence ? Comment sortir des apparences ? Où trouver la vérité ?

Y-a-t-il une vérité des apparences ?

PLATON ne se demandait-il pas  « Faut-il « sauver les apparences » ?

CINÉMA :

Réalisateur Matthieu Mares-Savelli – Genre : Court Métrage

ILLUSTRATION DE COUVERTURE ; Henri Matisse, Dîner Table

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