II LA TECHNIQUE, LE PROPRE DE L’HOMME
1°) Platon et le mythe de Prométhée :

TEXTE CANONIQUE : c’est le deuxième texte canonique de Platon après « l’allégorie de la caverne » et il est extrait de son livre « Protagoras« , (vous vous souvenez, le célèbre chef des Sophistes du « A chacun sa vérité » !). En philosophie, on désigne aussi parfois ce mythe comme le « mythe du Protagoras » car on le trouve précisément dans l’ouvrage de Platon qui s’appelle Le Protagoras :

Platon le fait ici parler sur la religion et la création du monde. Il ne s’agit pas cette fois-ci d’une allégorie mais d’un mythe repris de la religion grecque. C’est un mythe qui appelle donc chez nous deux choses :
– une « petite histoire » anecdotique : ici la rivalité de deux frères jumeaux, deux Titans, Epiméthée et Prométhée et la ruse de ce dernier pour sauver les hommes en volant le feu aux DIEUX et donner ainsi aux hommes le pouvoir de fabriquer des outils et des armes pour maîtriser la nature et se protéger des animaux sauvages.
– L’interprétation philosophique de ce que Platon nous suggère par ce mythe célèbre, souvent représenté par les peintres comme ici-bas :


A LIRE ATTENTIVEMENT ET IMPÉRATIVEMENT (version longue du texte par rapport à celle distribuée en cours) :
»C’était le temps où les dieux existaient déjà, mais où les races mortelles n’existaient pas encore. Quand vint le moment marqué par le destin pour la naissance de celles-ci, voici que les dieux les façonnent à l’intérieur de la terre avec un mélange de terre et de feu et de toutes les substances qui se peuvent combiner avec le feu et la terre. Au moment de les produire à la lumière, les dieux ordonnèrent à Prométhée et à Epiméthée de distribuer convenablement entre elles toutes les qualités dont elles avaient à être pourvues. Epiméthée demanda à Prométhée de lui laisser le soin de faire lui-même la distribution: » Quand elle sera faite, dit-il, tu inspecteras mon œuvre. » La permission accordée, il se met au travail.
Dans cette distribution, ils donnent aux uns la force sans la vitesse ; aux plus faibles, il attribue le privilège de la rapidité; à certains il accorde des armes; pour ceux dont la nature est désarmée, il invente quelque autre qualité qui puisse assurer leur salut. A ceux qu’il revêt de petitesse, il attribue la fuite ailée ou l’habitation souterraine. Ceux qu’il grandit en taille, il les sauve par là même. Bref, entre toutes les qualités, il maintient un équilibre. En ces diverses inventions, il se préoccupait d’empêcher aucune race de disparaître.
Après qu’il les eut prémunis suffisamment contre les destructions réciproques, il s’occupa de les défendre contre les intempéries qui viennent de Zeus, les revêtant de poils touffus et de peaux épaisses, abris contre le froid, abris aussi contre la chaleur, et en outre, quand ils iraient dormir, couvertures naturelles et propres à chacun. Il chaussa les uns de sabots, les autres de cuirs massifs et vides de sang. Ensuite, il s’occupa de procurer à chacun une nourriture distincte, aux uns les herbes de la terre, aux autres les fruits des arbres, aux autres leurs racines; à quelques-uns il attribua pour aliment la chair des autres. A ceux-là, il donna une postérité peu nombreuse; leurs victimes eurent en partage la fécondité, salut de leur espèce.
Or Epiméthée, dont la sagesse était imparfaite, avait déjà dépensé, sans y prendre garde, toutes les facultés en faveur des animaux, et il lui restait encore à pourvoir l’espèce humaine, pour laquelle, faute d’équipement, il ne savait que faire. Dans cet embarras, survient Prométhée pour inspecter le travail. Celui-ci voit toutes les autres races harmonieusement équipées, et l’homme nu, sans chaussures, sans couvertures, sans armes. Et le jour marqué par le destin était venu, où il fallait que l’homme sortît de la terre pour paraître à la lumière.
Prométhée, devant dette difficulté, ne sachant quel moyen de salut trouver pour l’homme, se décide à dérober l’habileté artiste d’Héphaïstos et d’Athéna, et en même temps le feu, – car, sans le feu il était impossible que cette habileté fût acquise par personne ou rendît aucun service, – puis, cela fait, il en fit présent à l’homme, (…) il put pénétrer sans être vu dans l’atelier où Héphaïstos et Athéna pratiquaient ensemble les arts qu’ils aiment, si bien qu’ayant volé à la fois les arts du feu qui appartiennent à Héphaïstos et les autres qui appartiennent à Athéna, il put les donner à l’homme. C’est ainsi que l’homme se trouve avoir en sa possession toutes les ressources nécessaires à la vie, et que Prométhée, par la suite, fut, dit-on, accusé de vol ».
PLATON, Protagoras, (320c-321d).

Relisons une seconde fois le texte mais cette fois-ci en surlignant les mots clefs :
« C’était le temps où les dieux existaient déjà, mais où les races mortelles n’existaient pas encore. (…) Les dieux ordonnèrent à Prométhée et à Epiméthée de distribuer convenablement entre elles toutes les qualités. Epiméthée demanda à Prométhée de lui laisser le soin de faire lui-même la distribution: » Quand elle sera faite, dit-il, tu inspecteras mon œuvre. » Il se met au travail. Dans cette distribution, il donne aux uns la force sans la vitesse ; aux plus faibles, il attribue le privilège de la rapidité. Aux plus petits, il attribue la fuite ailée ou l’habitation souterraine. Aux plus grands, la puissance. Bref, entre toutes les qualités, il maintient un équilibre en permettant qu’aucune race ne disparaisse.
Après les avoir prémunis suffisamment contre les destructions réciproques, il les protégea contre les intempéries (…), les revêtant de poils touffus et de peaux épaisses, abris contre le froid, abris aussi contre la chaleur, et en outre, quand ils iraient dormir, couvertures naturelles et propres à chacun. Il chaussa les uns de sabots, les autres de cuirs massifs et vides de sang. Ensuite, il procura à chacun une nourriture distincte, aux uns les herbes de la terre, aux autres les fruits des arbres, aux autres leurs racines; à quelques-uns il attribua pour aliment la chair des autres. A ceux-là, il donna une postérité peu nombreuse; leurs victimes eurent en partage la fécondité, salut de leur espèce.
Or Epiméthée, dont la sagesse était imparfaite, avait déjà dépensé, sans y prendre garde, toutes les facultés en faveur des animaux, et il lui restait encore à pourvoir l’espèce humaine. Dans cet embarras, survient Prométhée pour inspecter le travail. Celui-ci voit toutes les autres races harmonieusement équipées, et l’homme nu, sans chaussures, sans couvertures, sans armes. ( …)
Prométhée, devant cette difficulté, ne sachant quel moyen de salut trouver pour l’homme, se décide à dérober l’habileté [en grec le mot utilisé est « technê ] d’Héphaïstos et d’Athéna, et en même temps le feu (car, sans le feu il était impossible que cette habileté fût acquise par personne ou rendît aucun service) ; puis, cela fait, il en fit présent à l’homme. (…) il put pénétrer sans être vu dans l’atelier où Héphaïstos et Athéna pratiquaient ensemble les arts qu’ils aiment, si bien qu’ayant volé à la fois les arts du feu qui appartiennent à Héphaïstos et les autres qui appartiennent à Athéna, il put les donner à l’homme. C’est ainsi que l’homme se trouve avoir en sa possession toutes les ressources nécessaires à la vie, et que Prométhée, par la suite, fut, dit-on, accusé de vol ».
LA VIDEO :
Qu’avez-vous retenu ?
D’abord arrêtez les Boss de gonfler vos muscles : l’hommes se croit un animal supérieur dans la nature : c’est FAUX !
IL EST :
Il est en fait le plus démuni, il n’a rien pour se défendre, il est pour les Sophistes (car c’est Protagoras qui parle) : nu, complètement dépourvu, sans moyen pour se défendre !
Résumons les éléments du texte :
Dans le dialogue intitulé le Protagoras, Platon, le philosophe grec ancien, propose sa version du mythe de Prométhée. Lorsque les deux titans Épiméthée et Prométhée sont chargés de distribuer les qualités aux êtres vivants, le premier (dont le nom signifie, l’imprévoyant, l’oublieux, celui qui réfléchit ensuite) répartit ces qualités de telles sorte que leur distribution parmi les animaux soit équilibrée. Personne ne manque de rien, chacun a ce qu’il lui faut pour s’adapter au climat et pour survivre à ses prédateurs : les crocs, la force, la vitesse, des ailes pour voler, ou de l’agilité pour grimper aux arbres. Mais Prométhée constate que l’humanité a été oubliée : les êtres humains sont nus, et cette espèce dépourvue de tout va disparaitre. Pour que cela n’arrive pas il leur transmet le feu qu’il va voler aux dieux, il y ajoute la connaissance des arts.

T’es foutu wesh !
L’oubli de l’homme par Épiméthée l’imprévoyant, la nudité de l’humanité, rappellent la fragilité de l’homme, le fait que seul parmi les animaux, il ne dispose ni de fourrure ni de plumes, ni d’écailles pour se protéger du climat, ni de crocs, ni de griffes pour se défendre, ni d’aptitudes de vitesse pour fuir les prédateurs, ni d’une fécondité importante pour que l’espèce puisse perdurer. Cette fragilité originaire, on peut encore la constater chez le petit être humain qui a absolument besoin de soins pour survivre et d’un long apprentissage pour commencer à être indépendant. Alors que chez les autres mammifères quelques heures, semaines ou mois suffisent, chez le petit être humain, il faut des années avant qu’il puisse se débrouiller tout seul.

LE MYTHE EN VIDÉO :
Prométhée vole le feu aux dieux et le transmet à l’homme, cela signifie que l’homme ne peut survivre sans la technique. Le feu est le moyen par lequel l’homme peut éloigner les bêtes sauvages, mais aussi ce qui va lui permettre de cuire la nourriture, ou encore de fabriquer des armes solides. Le feu c’est ce par quoi l’homme va commencer à transformer la nature, la naissance de la culture, de la technique, afin de survivre ; ce sans quoi il aurait disparu. Le feu est donc ce qui fait sa force : c’est la maîtrise de la nature. Il est le symbole de la domination de l’homme sur la nature : l’homme devient plus fort, parce qu’il peut, grâce à ses outils, non seulement se protéger, mais aussi soumettre les autres animaux.
Le mythe de Prométhée nous rappelle ainsi que l’homme est un être naturellement faible, fragile, qu’il ne peut survivre sans s’arracher à la nature et maîtriser son environnement, le mettre à son service.
LA DÉCOUVERTE DU FEU :
Grâce au feu, l’homme a pu devenir forgeron, fabriquer des armes, se protéger des animaux sauvages et donc DOMINER LA NATURE :

Conclusion générale:
- Platon dans le Protagoras s’appuie sur la mythologie pour expliquer la genèse de la culture et de la civilisation. Au début la nature est inégale, il règne une diversité des espèces et l’homme contrairement a ce que disent la plupart des philosophes est l’animal le plus faible dans la nature : «il est nu sans chaussures, ni couverture, ni armes».
Il est donc théoriquement appelé à disparaître Mais de manière religieuse PROMÉTHÉE [ en grec, celui qui annonce, le prophète] va intervenir, il va voler le feu aux Dieux et il va le donner aux hommes.
Avec le feu, l’Homme va ainsi posséder la technê, le savoir pratique, la technique qui vont lui permettre de fabriquer des outils et des armes. Il pourra ainsi sortir de la nature et devenir un animal supérieur, c’est la naissance de la culture et l’entrée dans la civilisation.


- Mais … si l’homme est en mesure de solutionner les problèmes de la planète, il est aussi capable avec le feu de fabriquer des armes, de plus en plus destructrices (comme le feu radioactif des bombes nucléaires). Ainsi, on voit que par le feu de la technique, ce savoir qui rend supérieur l’homme dans la nature, l’homme est aussi capable de de s’auto-détruire en retournant par la guerre et la violence les armes contre lui-même.

LA CITATION DU COURS 1 :
» L’homme est un bipède sans plume » . PLATON.



Mais ZEUS s’est fâché : il a condamné Prométhée à être accroché sur les rochers du Caucase et à avoir le foi dévoré par un aigle chaque jour :



MAIS REVENONS UN PEU SUR NOTRE

Un peu de vocabulaire
QU’EST-CE QUE DOMINER ?
Dominer : c’est contrôler, maîtriser, dompter, par exemple on dit de quelqu’un qu’il a su dominer ses sentiments, pour dire qu’il a donc su les contrôler comme « dominer sa colère » mais dominer c’est aussi asservir, commander, soumettre. Par exemple si on dit que « les hommes dominent les femmes » ses camarades ou que « Napoléon a tenté de dominer le continent européen », cela signifie qu’ils soumettent à leur volonté, ou essayent de le faire.
Le verbe « dominer » a donc ce double sens de « maîtriser », mais aussi d’ »asservir ».
NE L’OUBLIEZ JAMAIS DANS UNE DISSERTATION.

2°) Main et intelligence : les Dieux ou les mains ?


TEXTE D’ARISTOTE :
« [ Ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains. ]
L’être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d’outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main.
Aussi, ceux qui disent que l’homme n’est pas bien constitué et qu’il est le plus désavantagé des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et il n’a pas d’armes pour combattre) sont dans l’erreur.
Car les autres animaux n’ont chacun qu’un seul moyen de défense et il ne leur est pas possible de le changer pour faire n’importe quoi d’autre, et ne doivent jamais déposer l’armure qu’ils ont autour de leur corps ni changer l’arme qu’ils ont reçue en partage. L’homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours loisible d’en changer et même d’avoir l’arme qu’il veut et quand il le veut. Car la main devient griffe, serre, corne, ou lance, ou épée, ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela, parce qu’elle est capable de tout saisir et de tout tenir ».
Aristote, Les Parties des animaux.
Tiens, encore un qui critique son prof !!!
Car Platon, son prof disait que « l’homme était « nu« …. sans chemise, sans pantalon » …..?!!!
Réponse : PROTAGORAS/ PLATON dans le mythe de Prométhée (voir la notion LA NATURE)
Or surlignons le texte et analysons :

« [ Ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains. ]
L’être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d’outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main. //
Aussi, ceux qui disent que l’homme n’est pas bien constitué et qu’il est le plus désavantagé des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et il n’a pas d’armes pour combattre) sont dans l’erreur. //
Car les autres animaux n’ont chacun qu’un seul moyen de défense et il ne leur est pas possible de le changer pour faire n’importe quoi d’autre, et ne doivent jamais déposer l’armure qu’ils ont autour de leur corps ni changer l’arme qu’ils ont reçue en partage. //
L’homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours loisible d’en changer et même d’avoir l’arme qu’il veut et quand il le veut. Car la main devient griffe, serre, corne, ou lance, ou épée, ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela, parce qu’elle est capable de tout saisir et de tout tenir » ARISTOTE.
Thème : La main (l’outil); question posée par le texte : Quelle est la signification de la main pour l’homme ?
Thèse : la main est l’outil des outils. Par sa polyvalence, elle constitue l’avantage spécifique de l’humanité.
Etapes de l’argumentation : PLAN DÉTAILLÉ
I° partie – La main est le prolongement de la raison humaine.
II° partie – Aristote rejette la thèse de Protagoras de PLATON : « l’homme est le plus démuni des êtres vivants ».
III° partie – La main se caractérise par sa non spécialisation et sa polyvalence.
Rédaction :
- Thème (notion et question posée par le texte): Qu’est-ce que la technique ? PLUS PRÉCISÉMENT, l’homme est -il vraiment l’animal le plus faible de la nature comme le prétend le Protagoras de Platon ? Ou, selon Aristote, pourquoi l’homme est-il « l’être le plus intelligent » ?
- Thèse (la solution, la position de l’auteur) : L’homme est le plus intelligent à cause de sa main qui est un instrument ( un « organon » en grec) exceptionnel, l’outil des outils. Par sa polyvalence et son caractère (le pouce opposable à tous les doigts), elle constitue l’avantage spécifique de l’humanité. Par sa main, l’homme est le seul capable d’utiliser un grand nombre d’outils, là où l’animal est, lui au contraire limité dans ses possibilités d’exécution.La main n’est ene effet pas limitée à une seule fonction : elle en amène une infinité, elle est polyvalente.
- (si l’on donnait un couteau au vautour, il ne saurait pas qu’en faire !). L’homme possède un outil particulier, qui joue le rôle de tous les autres : il s’agit de la main, qui est un instrument (organon).


Exercice physique : opposer son pouce à tous les doigts; saisir quelque chose, par exemple son portable, sans le pouce.
Explication détaillée :
PARTIE 1 : Aristote veut comprendre pourquoi l’espèce humaine – comme les autres espèces vivantes- possède la capacité de survivre dans la nature. Or, Aristote, médecin, fils et petit fils de médecin, propose pour la première fois dans l’histoire de la pensée, une explication purement biologique. Il n’a pas besoin de recourir comme Platon par exemple, à des hypothèses mythiques et surtout religieuses.. c’est quoi en effet ce feu qui nous tomberait du ciel ! Prométhée l’aurait volé aux Dieux !!!
NON, c’est grâce à ses mains et à son intelligence, que l’homme a découvert le feu et l’a conservé puis maîtrisé :
La main humaine est en effet comme un instrument (organon) universel pouvant tenir lieu de plusieurs outils, et par là constitue un avantage non négligeable pour l’espèce humaine. Par conséquent Aristote place l’homme au-dessus des autres espèces vivantes par son usage intelligent de la main, caractérisé par le pouce opposable à tous les doigts :

La main est l’outil par excellence, celui qui tient lieu de tous les autres : « organon pro organon ».


Étymologie : le mot outil vient du grec « organon » qui renvoie à organe et signifie « instrument, moyen ».
La nature a « logiquement » distribué à l’être qui possédait la capacité de s’en servir (l’être le plus intelligent qui possède une raison) l’instrument le plus efficace : la main.
Notons que chez ARISTOTE la nature poursuivrait des fins, elle aurait donné la main à l’homme dans un but précis. On parle à ce propos de finalisme, d’argument de finalité (repère important à maîtriser). Dans le finalisme, tout se passe en fait « comme s’il y avait une intention cachée derrière la nature.

(1814-1875)

Avant ou après avoir fait l’éloge de la main, ne pas oublier que, pour Aristote, ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains et qu’il sait s’en servir. Sans intelligence, il ne saurait, en effet, pas quoi faire de ses dix doigts :

Et justement, dans la première phrase de notre texte que nous avons mis entre crochets […], Aristote s’oppose à la thèse du philosophe pré-socratique Anaxagore qui défend l’idée que la main (le faire) précédait la raison (le savoir). Pour Aristote, la main n’est que le prolongement biologique de la raison.


- L’homme est le seul capable de « bien utiliser » un grand nombre d’outils, là où l’animal est limité dans ses possibilités d’exécution (si l’on donnait un couteau à un vautour, il ne saurait pas qu’en faire !).
- L’homme possède un outil particulier, qui joue le rôle de tous les autres : il s’agit de la main, qui est un instrument universel (organon). La main n’est pas limitée à une fonction : elle est polyvalente.


CONCLUSION :
Ainsi, l’homme possède la capacité de s’adapter à son milieu du fait de la polyvalence de la main. La main fait de l’homme un être producteur et créateur. L’intuition d’Aristote, selon laquelle la main fait la grandeur de l’homme, sera particulièrement féconde. Les philosophes et les anthropologues montreront par la suite, dans un autre cadre explicatif – celui de l’évolutionnisme et de votre cours de SVT – comment la non-spécialisation de la main a permis avec le pouce opposable aux autres doigts le perfectionnement de l’espèce humaine.
On sait aujourd’hui que l’acquisition de la bipédie (la station debout) chez les hominidés a eu pour conséquences la libération de la main (jusqu’alors mobilisée par la locomotion) ainsi que la libération de la mâchoire pour le langage. Le passage du quatre pattes à la station debout a conditionné la structure de la colonne vertébrale ainsi que le positionnement de la tête, permettant très vite le développement frontal du cerveau.

FINIR EN MUSIQUE :