

« La religion est le dimanche de la vie » – Hegel

« La foi sauve, donc elle ment » – Nietzsche.



« La religion existe depuis que le premier hypocrite a rencontré le premier imbécile » – Voltaire.

« Je n’ai pas rencontré Dieu de l’autre côté des nuages » – Youri Gagarine (10 Avril 1961) en revenant sur terre après le premier vol spatial.
Mes préférées :

« Agenouillez-vous et vous aurez la foi ! » – Blaise Pascal.

Cette image est la représentation de prière la plus largement reproduite dans le monde occidental, on la trouve sur des affiches, des tasses à café, etc… Le chanteur Justin BIEBER aujourd’hui paralysé du visage ( https://www.huffingtonpost.fr/life/article/justin-bieber-souffre-du-syndrome-de-ramsay-hunt-mais-de-quoi-s-agit-il_207413.html) l’a tatouée sur sa jambe gauche :

Mais écoutez surtout cette superbe anecdote sur Dürer et son frère :
I Définition, Problèmes et enjeu :
1°) Définitions :

Religion : On donne traditionnellement à ce terme deux sources étymologiques possibles, c’est-à-dire deux mots latins dont il pourrait provenir :
- « Religare », qui signifie « relier », la religion qui unit les humains entre eux, sens politique et social, lien horizontal. C’est :
« La religion est le lien qui unit les fidèles entre eux » – Auguste Comte, philosophe français positiviste du 19e siècle.

- « relegere », qui signifie « relire », « recueillir », « adorer« , « se soumettre« , la religion comme lien avec le divin, lien vertical avec les textes sacrés, comme recueillement personnel qu’incarne la prière, la piété, la spiritualité, sens philosophique, sens métaphysique. C’est :
« La religion est le culte du divin » – Cicéron.

Au sens 1, au sens politique et social, on appelle religion un ensemble de croyances communes qui unit une communauté de fidèles (Eglise, Ouma…).
Au sens 2, plus métaphysique, la religion désigne l’ensemble des rites, des cérémonies qui unissent l’individu et le groupe à quelque chose de transcendant, de supérieur à lui.

Transcendant : désigne ce qui dépasse, ce qui va au-delà d’un certain niveau de réalité. La religion évoque fréquemment l’existence d’êtres ou de puissances transcendantes, qui dépassent les limites de ce que nous pouvons dire, expérimenter, ou même seulement comprendre.


On note que les enseignements de chaque religion se présentent comme des vérités, mais des vérités particulières, qui doivent faire l’objet de croyance, ou de foi. N’est-ce pas paradoxal ? Peut-on dire d’une vérité qu’on ne peut que « croire » ou « avoir foi » en celle-ci ? Le propre d’une vérité n’est-il pas d’être vérifiable ? Ou alors faudrait-il distinguer plusieurs sortes de vérité, afin de déterminer dans quelle catégorie se situent celles que les religions affirment révéler ?
Alors encore un peu de vocabulaire :
Croyance : « Croire » du latin « credere » est un verbe dont le sens peut beaucoup varier selon la phrase dans laquelle il est utilisé.
Sens 1 : « Croire que », c’est donner son assentiment (son accord) à une proposition que l’on ne peut pas (ou que l’on n’a pas pu) vérifier soi-même. Par exemple : « je crois que le bus est déjà parti » est une adhésion sans preuves.
Sens 2 : Mais si je dis « je crois, en vous, Docteur« , j’accorde ma confiance à la parole de cette personne, estimant que j’ai affaire à une personne compétente et sincère. «Croire en » c’est en effet avoir confiance en la capacité de quelqu’un à réaliser quelque chose et ainsi croire en Dieu, c’est croire en sa Providence, son infinie bienveillance.
« Je crois en vous, docteur » = « j’ai confiance en votre capacité de me guérir ». Dans ce dernier cas, on peut aussi dire « avoir foi en » :

Foi du latin « fides » = avoir confiance, être fidèle, fidélité.
On voit donc que la croyance au sens 2 est une adhésion affective, une certitude de nature sentimentale qui renvoie à un autre type de vérités, les vérités révélées.


Vérité révélée/démontrée : En religion, certaines croyances sont présentées comme des vérités, mais celles-ci ne peuvent pas pour autant être démontrées ou comprises de manière logique. On parle alors de « vérités révélées », parce qu’elles s’éclairent d’elles-mêmes, intuitivement et sans discussion possible (on parle alors de « dogmes »). Elles s’opposent en cela aux « vérités démontrées », qui appartiennent au champ de la
raison : ce sont des vérités qui peuvent et doivent être comprises au moyen d’une explication ou démonstration suffisante, appuyée sur des principes logiques et intelligibles pour un esprit attentif (les sciences proposent ainsi d’apprendre des vérités démontrées).



2°) Problème :
a) Sens 1 – sens politique et social : La religion comme union comme fraternité universelle :
Peut-on vraiment dire que la religion est union, qu’elle unit les hommes ? La religion n’est-elle pas plutôt un facteur de division, de séparation entre les hommes ? Comment expliquer la multiplicité des religions et surtout leurs guerres permanentes ? Si Dieu existe, a-t-il une religion en particulier ? Laquelle préfère-t-il ? Une société peut-elle vraiment se passer de religion ?


b) Sens 2 – sens métaphysique, théologique : La religion comme lien avec le divin :
Dieu existe-t-il vraiment ? Peut-on prouver rationnellement Dieu ? Et si oui, puis-je vraiment communiquer avec lui ?

Citation -Synthèse du sens 1 et 2 :
« Ce qui élève unit », Charles Péguy (1873-1914), écrivain français.


