

“L’homme est un animal enfermé à l’extérieur de sa cage“ – Paul Valéry (1871-1945), poète.



sans oublier bien sûr, le poème de Paul Eluard (1895-1952), « J’écris ton nom » que vous avez tous étudié normalement au collège ou en primaire :

I Définitions, problème et enjeu :
1°) Les deux sens du mot « Liberté » :
Liberté > vient du latin “liber“ qui désigne à Rome l’homme libre, celui qui n’est pas attaché, celui qui n’est pas esclave.

“L’homme libre est le contraire d’un esclave“ – Aristote
“Être libre, c’est jouir des institutions d’une cité, ne pas être esclave“ – Platon

Au sens général, la liberté c’est l’absence de contraintes.

“La liberté n’est pas autre chose que l’absence de tous les empêchements“ – Thomas Hobbes

Au sens général, on désigne par liberté l’absence de contraintes. Pour l’opinion commune, c’est faire ce qui nous plaît, faire ce que l’on veut.
MAIS :
On distinguera deux types de contraintes : les contraintes INTÉRIEURES et les contraintes EXTÉRIEURES c’est-à-dire un sens philosophique (métaphysique) de la liberté et un sens politique (social).
Liberté :
- Sens 1, sens philosophique : absence de contraintes intérieures, pouvoir de choisir, ce qu’on appelle en philosophie le « LIBRE-ARBITRE », faire ou ne pas faire quelque chose
- En anglais : Liberty.

- Sens 2, sens politique : absence de contraintes extérieures, les lois, les règles, l’Etat.
- En anglais : Freedom

EXEMPLE : Fumer

AU SENS 1 (philosophique) :

AU SENS 2 (politique) :
Au Lycée, dans les lieux publics :

2°) Problème :
Alors , la liberté, est-ce vraiment faire ce que l’on veut ? Si je fais ce que je veux, les autres sont-ils encore libres ? Ma liberté n’est-elle qu’une illusion ? Quelle est l’origine réelle de mes choix ? Ne peut-il y avoir des causes que j’ignore et qui me font agir… à mon insu ?

Qu’est-ce qu’être vraiment libre ? Être libre politiquement ? Ou être libre philosophiquement, intérieurement, au sens du libre arbitre ?

Peut-on être en prison et en même temps rester libre au sens intérieur ?



Dans la tradition philosophique, la liberté intérieure, c’est-à-dire la liberté de penser, le libre arbitre, semble avoir toujours été privilégié. On peut très bien être esclave, être emprisonné pour ses idées, non libre politiquement et demeurer libre.

3°) Enjeu :


John Locke (1632-1704), philosophe anglais :
» Une choſe qui du moins eſt évidente, à mon avis, c’eſt que nous trouvons en nous-mêmes la puiſſance de commencer ou de ne pas commencer, de continuer ou de terminer pluſieurs actions de notre Eſprit, & pluſieurs mouvemens de notre Corps, & cela ſimplement par une penſée ou un choix de notre Eſprit, qui détermine & commande, pour ainſi dire, que telle ou telle action particuliére ſoit faite, ou ne ſoit pas faite. Cette Puiſſance que notre Eſprit a de diſpoſer ainſi de la préſence ou de l’abſence d’une idée particuliére, ou de préferer le mouvement de quelque partie du Corps au repos de cette même partie, ou de faire le contraire, c’eſt ce que nous appelons Volonté. Et l’uſage actuel que nous faiſons de cette Puiſſance, en produiſant, ou en ceſſant de produire telle ou telle action, c’eſt ce qu’on nomme Volition. La ceſſation ou la production de l’action qui ſuit d’un tel commandement de l’Ame, s’appelle volontaire ; & toute action qui eſt faite ſans une telle direction de l’Ame, ſe nomme involontaire.«
John Locke, Essai philosophique concernant l’entendement humain (1735).
(le texte est ici retranscrit dans l’orthographe de l’époque).
Points forts du texte :
- la Liberté comme une évidence, une expérience (Locke est empiriste).

- la Liberté définie comme un pouvoir absolu : celui de commencer radicalement une action à zéro.


John Locke résume assez bien ce qu’implique philosophiquement la notion de liberté. Premièrement, la liberté est une évidence. Comme le disait Descartes, « la liberté ne se prouve pas, elle s’éprouve » :

Deuxièmement, cette expérience de la liberté se manifeste par le pouvoir de commencer radicalement une action à zéro. C’est ce que l’on appelle le libre-arbitre, le libre-choix :

Troisièmement, ce libre arbitre implique une faculté, la faculté du Vouloir, la Volonté.

Quatrièmement, on appelle acte libre un acte volontaire, voulu par l’âme, et un acte non libre, un acte involontaire. On note que c’est par la volonté, ma liberté que sera définie plus tard la responsabilité de mon acte. Pour que l’homme soit responsable et qu’on exige de lui qu’il assume ses fautes, il faut en effet que ses actions soient autonomes et volontaires.

Mais alors :

Ou :






Fatalisme vient de fatum « destin », en latin. Est « fataliste » celui qui croit à une fatalité . Le fatalisme considère que tout se déroule conformément à ce qui aurait été dit ou écrit par une volonté supérieure à celle des hommes sans aucune idée de contingence telle la chiromancie, la lecture des lignes de la main :

Le fatum, c’est Oedipe ou l’impossibilité d’échapper à la fatalité :

A ne pas confondre avec le DÉTERMINISME que l’on verra plus tard dans notre grand 3 :


Déterminisme : Principe selon lequel tout effet a une cause, les mêmes causes produisent les mêmes effets, la chaîne des causes, l’effet papillon : il n’y a pas d’effets sans causes.

Le déterminisme renvoie à une nécessité physique, biologique, psychologique, sociale ou culturelle qui s’impose à l’homme et qui ne lui laisse aucune liberté dans ses actes, c‘est la chaîne des causes qui explique que je suis là, en ce moment, parce que certains faits passés sont arrivés qui m’ont amené ici et m’entraîneront là.
Pourquoi Icare tombe-t-il ?

Icare n’a pas tenu compte des conseils de son père mais surtout des lois de la nature, la loi physique de la gravité : Il a « oublié » la chaîne des effets et des causes… il tombera malgré son désir fou de voler !
A suivre
