LA PHILO / 3

1. Origine de la philo :

D’abord elle « nait » en GRECE au VI-VII ème siècle avant J-C et en particulier dans les îles grecques de la Mer d’Egée :

La Philosophie resplendira ensuite à Athènes:

Puis cette nouvelle manière de pensée se propage très vite : en Italie, à Rome, de là en Europe puis finalement aux Etats-Unis, et on peut ainsi la définir comme la caractéristique du « penser occidental« , de la civilisation techno-scientifique qui est la nôtre :

SOCRATE est souvent considéré comme le premier grand philosophe, le fondateur de la discipline même s’il y eut avant des philosophes qu’on appelle justement les PRÉSOCRATIQUES.

On sait que Socrate  sera condamné à mort et « contraint » de se  suicider en buvant de la cigüe :

La cigüe

2. Étymologie du mot «philosophie »

Philo = « philen » , « phil » :  aimer , apprécier

Sophie de sophos, sophia mais

Double traduction possible ! =  car cela désigne à la fois le savoir, la science, la connaissance mais aussi le bien vivre, la sagesse, le bonheur !

La philosophie est né en Grèce au VIIème siècle av J-C, mais par la double traduction du mot « sophos » en grec, la philo vise à la fois la recherche de la connaissance, la science, le savoir (image du savant plein de livres, de la « grosse tête » enfermé et en méditation dans sa bibliothèque), et la recherche du bonheur, de la sagesse, du bien vivre (l’image du sage calme et tranquille au pied de l’arbre, du sage hindou) :

Rembrandt (1606-1669), Le Philosophe, dessin préparatoire au tableau, sage au sens 1

Sage au sens 2 : un sadhou hindou

On voit en tout cas que la philosophie est à la fois une discipline théorique (la science) et une discipline pratique ( par la recherche du bonheur, de la good life ) :

Quel sens ?

3. La philo comme Boss :

En effet, la philo vise souvent la synthèse de toutes les connaissances acquises, elle a un projet encyclopédique de rassembler la totalité du savoir existant. Prenons pour exemple trois grands philosophes de trois époques différentes et lisons :

ARISTOTE    :   «  La philosophie est la science dominatrice, la science de toutes les sciences« .

« Le philosophe est celui qui possède la totalité du savoir dans la mesure du possible ».

DESCARTES :   « La philosophie est la science première ».

HEGEL :        :    « La philosophie est le savoir absolu ».

La philosophie se présente donc comme la discipline mère, noble qui vise la synthèse de toutes les connaissances, le savoir universel et encyclopédique :

L’encyclopédie des Lumières.

4 La philo comme rhétorique :

La Rhétorique c’est-à-dire l’art du discours, celui d’argumenter :

« Retoricos » > « le discours qui terrasse », «  le discours terrassant »

Dès le début, la philo a été liée à l’art de bien parler (la rhétorique), et par là, la philosophie a souvent été reliée au pouvoir,  à la politique.

Les premiers philosophes qui se faisaient appeler les Sophistes (les « je sais tout ») enseignaient avant tout la rhétorique à leurs élèves qui se destinaient à être de futurs avocats ou des politiciens. On voit ici l’existence d’un lien ténu entre philosophie, pouvoir et politique, renforcé par le fait que nous sommes à Athènes c’est-à-dire dans une société démocratique où l’on discute sur l’Agora, la place publique des Lois.

5. A quel âge philosopher ? :

16 ans, 18 ans ? = la crise d’adolescence, la crise existentielle, la crise d’ado : celle :

Tiken Jah Fakoly – Le Pays Va Mal

où l’on se révolte contre tout, où l’on a envie de tout arrêter, de se tirer :

Les Stoïciens au langage cru parlent de « monde pourri« , de « pourriture du monde«  puisque

Il s’agit donc de se sauver, de :

Une entreprise de salut au sens religieux et la philosophie se présenterait alors comme une solution possible de la crise d’adolescence, de la crise existentielle ???? Mais quelles seraient les autres solutions qu’on nous propose ? Il y en a 6 !

6 Les solutions des « fous » : ce que n’est pas la philosophie :

Les réponses  potentielles des « fous », ceux du dehors, ceux qui ne sont pas sages :

1 Le suicide ? :

ALBERT CAMUS, première phrase du MYTHE DE SISYPHE.

« LE SUICIDÉ » tableau d’Edouard MANET (1832-1883)

Notons que le suicide est en France la première cause de mortalité chez les jeunes entre 18 et 25 ans. C’est le taux le plus élevé en Europe pour les 15-34 ans !

Ernesto CHE GUEVARA (1928-1967), révolutionnaire argentin

Problème : la violence, on y oppose : la PAIX :

Les trois religions monothéistes

Jeunes mormons faisant du prosélytisme

mais :

Problème : la croyance, le paradis demain, on y oppose :

Et :

Mais :

Problème : le talent, un don particulier or je veux une solution UNIVERSELLE, valable pour tous :

7. CONCLUSION :

Spinoza, philosophe hollandais du 17ème siècle.

Démocrite: passe son temps à rire de ce qu’il voit (optimiste)

Héraclite : passe son temps à pleurer de ce qu’il voit ( tragique, pessimiste).

Or il n’y a ni à rire du monde, ni à en pleurer ni à le détester mais à l’assumer et à le COMPRENDRE pour être en paix avec lui mais aussi  avec nous-même et avec les autres

« Quant aux sages, Héraclite et Démocrite, ils combattaient la colère, l’un en pleurant, l’autre en riant. » Juvénal, Satires.

Héraclite et Démocrite, l’un pleure sur le monde, l’autre en rit !

Démocrite d’Abdère pris de fou rire :

« Ils rient de tout, jusqu’où ? ». Le philosophe antique, raconte-t-on, se mit à rire à tout propos. C’est la première fois qu’on a ri par excès de lucidité. Extrait d’un article de Roger-Pol Droit.

Source : https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/07/15/democrite-d-abdere-pris-de-fou-rire_6088388_3260.html

 » Dans la Grèce antique, Abdère fut l’une des grandes cités du Nord, ville prospère, port actif, sur les bords de la mer Egée. Aujourd’hui, la côte ayant avancé, ce n’est plus qu’un site archéologique, en face de l’île de Thasos, à égale distance de Thessalonique et d’Istanbul. La cité abrita un trésor vivant : Démocrite (v. 460-370 av. J.-C.). Au temps de Socrate, la population le vénérait comme son savant, son sage, sa gloire locale. Ce philosophe, disait-on, connaissait tout – astres, espèces animales, doctrines de l’Egypte et de l’Inde, politique autant que médecine. Exagéré, sans doute, mais on ne prête qu’aux riches. Le vieux maître avait en tout cas la réputation de détenir les secrets des corps et des âmes.

Jusqu’au jour où il parut détraqué. Un rire immense s’était emparé de lui. On l’aurait entendu s’esclaffer du matin au soir. Il se moquait de tout, en particulier des deuils, des drames et des malheurs. Il s’amusait des rivalités, des ambitions, des intrigues de ses semblables. Il éclatait de rire à tout propos, à tout instant. Cela finit par inquiéter. Les Abdéritains pensèrent qu’à force de réfléchir et d’étudier – en découvrant notamment que le monde n’est fait que d’atomes et de vide – Démocrite avait fini par s’abîmer l’esprit. S’il était continûment hilare, c’est qu’il était malade. Il fallait le soigner.

Loin de déraisonner

Le Conseil de la cité, au nom du peuple, écrivit donc à Hippocrate, le meilleur des médecins, pour qu’il vienne examiner ce sage devenu fou. Le thérapeute fit le voyage, rencontra le patient, livra ses conclusions. Loin de déraisonner, la permanente hilarité de Démocrite, selon Hippocrate, montrait la vigueur extrême de son jugement, la rigueur exemplaire de son esprit »

 « Démocrite« , portrait de Hendrick ter Brugghen (1628). Rijksmuseum, Amsterdam.

Finalement :

A. Comte-Sponville :  « A quoi sert la philosophie ? »

« La philosophie sert à vivre, simplement. Son but est à mes yeux le bien-vivre ou le mieux-vivre, c’est-à-dire le bonheur, ou qui peut nous en rapprocher.

      En faisant du bonheur le but de la philosophie, je m’appuie sur une tradition fort ancienne et multiforme, et d’abord sur la tradition grecque. J’en extrairais volontiers la belle définition de la philosophie que donnait Épicure, et qui va à l’encontre de l’opinion reçue selon laquelle on ne pourrait définir ce qu’est la philosophie. « La philosophie,  disait Épicure, est une activité qui, par des discours et des raisonnements  nous procure la vie heureuse. » J’aime tout, dans cette définition. Que la philosophie y soit une activité, et pas seulement une théorie. Qu’elle procède par discours et raisonnements, et pas seulement par intuitions et visions. Qu’elle tende au bonheur !

      Je donnerai pour ma part la même définition quant au fond, formulée dans un langage peut-être plus moderne : la philosophie est une activité discursive, qui a la vie pour objet, la raison pour moyen et le bonheur pour but. Je pense répondre ainsi aux deux questions : « Qu’est-ce que la philosophie et à quoi sert-elle ? » Car ces deux questions n’en font qu’une. Inutile de préciser que cette définition est mienne. Elle ne prétend pas valoir pour toutes les philosophies. Mais cela même est philosophique.

       Il faut encore préciser. Dire que la philosophie sert à vivre mieux, à être plus heureux,  n’est évidemment pas à entendre comme l’annonce qu’il existerait des spécialistes à même de faire votre bonheur à votre place, tout comme une femme de ménage peut faire votre ménage pour que vous n’ayez pas à le faire. Les philosophes ne sont pas les femmes de ménage de l’esprit. Leur existence ne saurait vous dispenser de philosopher. Ils ne peuvent servir qu’à vous aider à philosopher vous-même, par vous-même, pour vous-même.

       C’est parce que la philosophie sert à vivre qu’elle ne peut appartenir en propre aux philosophes de métier. Et c’est pourquoi aussi personne ne peut se dispenser de philosopher. Dès lors qu’on essaie de penser sa vie et de vivre sa pensée, on philosophe, peu ou prou, et plus ou moins bien. Les grands auteurs nous aident seulement à philosopher un peu mieux.« 

La philosophie est une question de recherche et de travail personnel, individuel :

SAPERE AUDE  : « Ose penser », « Pense par toi-même » ) : c’est la devise des Lumières selon le grand philosophe allemand EMMANUEL KANT, (TEXTE CANONIQUE) sur lequel nous allons revenir bientôt puisqu