EDUCATION, TRANSMISSION, EMANCIPATION
Dans cette séquence « Éducation, transmission et émancipation », ces trois thématiques – à la fois indépendante et en continuelle interaction – seront étudiées sous trois angles, dans une perspective historique large, allant du XVIIIe au XXe siècle. C’est ainsi que vous découvrirez dans une première partie la manière dont l’éducation peut aider l’enfant à devenir soi en nous interrogeant philosophiquement sur ce que pourrait-être une bonne éducation ? Pour ce faire, on analysera le « débat » des Lumières entre Rousseau et Kant nous amenant d’ailleurs à nous demander « qu’est-ce que les Lumières ? »
Dans la deuxième partie, nous passerons de cette perspective individuelle à une perspective systémique afin de mieux comprendre ce qu’un état démocratique doit et peut mettre en place pour favoriser l’émancipation de tous.
Puis dans la troisième et dernière partie on proposera un retour à l’individu mais à un stade ultérieur afin de comprendre comment, après l’éducation formative, une émancipation est envisageable et praticable.
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Un livre en passant : L’Enfant de Jules Vallès :
L‘Enfant est le premier volet d’une trilogie ; il paraît en 1878 et sera suivi par Le Bachelier en 1881 et par L’Insurgé en 1886, dans une édition posthume. Souvent qualifiés par l’étiquette « autobiographiques », ces trois romans suivent le parcours de Jacques Vingtras, un héros qui partage avec Jules Vallès (1832-1885) les initiales J.V. Reprenant le modèle du roman de formation cher à ses aînés écrivains du XIXe siècle – au premier rang desquels Flaubert avec L’Éducation sentimentale (1869) –, Vallès aspire également à raconter sa propre histoire, celle d’un enfant éduqué sous les coups qui connaîtra l’émancipation à la fin du Bachelier par l’insurrection parisienne communarde. A cette démarche de l’intime s’ajoute une perspective historique beaucoup plus large : c’est l’école des années 1840 que l’on découvre pour être ensuite instruit sur le vent de révolte qui souffle sur la France dont l’acmé sera la Commune, en 1870 avec ses déportés du bagne en Nouvelle-Calédonie. Sous les yeux du lecteur, Jacques Vingtras s’éduque – plus qu’il n’est éduqué – et s’émancipe par la révolte. Ce mouvement de libéralisation s’achève dans la réalité par l’écriture pour Jules Vallès : il transmet l’espoir vital « à tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège », « à tous ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim » et « aux morts de 1871 […] victimes de l’injustice ». (trois citations extraites des dédicaces de la trilogie). L’enfant contient, en germe, cette émancipation, traversant l’épreuve d’une enfance où l’enfant est oublié, où le père est infantilisé et où advient un écrivain adulte qui grandit encore en ne pouvant s’empêcher de regarder en arrière le malheur de l’éducation et de l’enfance pourrie qu’il a vécue.



Pour les deux autres ouvrages de la trilogie de Jules Vallès :