COURS 1 / LES PRINCIPES DE LA DISSERTATION ET LE PARAGRAPHE ARGUMENTÉ

Les trois grands principes de la dissertation:

On ne récite pas son cours, on ne récite pas du « par coeur« , on ne copie pas des annales-bac, on pense par soi-même, on exprime ses idées par ses propres mots même si c’est maladroitement :

On ne dit rien sans se justifier, sans préciser, sans définir. Disserter, c’est DÉFINIR.

Une question a été posée : on y répond en tentant une redéfinition de la notion en jeu. On évite absolument et à tout prix le « Oui / Non », « dans certains cas », « cela dépend des gens », jamais une réponse à la normande :

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C’est le chiffre de la philo pour les technologiques !

Une épreuve au coefficient 4 qui dure 4 heures et où je rédige 4 pages soit 1h par page :

Je retiens aussi

parce que ma copie comporte :

  1. une introduction (on saute 3 lignes)
  2. une partie (on saute une ou deux lignes)
  3. une deuxième partie (on saute trois lignes)
  4. et une conclusion.

et puis dans chaque partie, toujours

  • un paragraphe annonce
  • ma première idée
  • ma deuxième idée
  • ma transition = bilan de la partie + relance par des questions. (la transition se termine donc obligatoirement par des points d’interrogation)

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Normalement, c’est acquis (classes de Français), pour rédiger votre développement, vous faites un paragraphe argumenté.

Comment construire votre paragraphe ?

1) Annoncer l’idée du paragraphe, l’argument que vous allez traiter ;

2) Développez cette idée pour l’expliciter de façon approfondie ;

3) Illustrez et prouvez cette idée, à l’aide soit de références (de préférence philosophiques du cours) soit d’exemples pertinents commentés ;

4) Concluez votre paragraphe en proposant une interprétation qui, tout en confirmant l’idée que vous avez annoncée en début de paragraphe, va plus loin pour annoncer ce qui va suivre votre deuxième idée, la transition avec l’idée suivante.

Paragraphe argumentatif : la méthode ADIC gagnante en philo

Il s’agit de suivre un certain schéma argumentatif pour proposer à votre correcteur une copie claire, construite et convaincante.

1) Argument : énoncé de la thèse :

Il s’agit d’une mise en bouche  !

Annoncez sous la forme d’UNE phrase claire et concise l’orientation de votre paragraphe, son idée directrice, votre argument n°1 soit ce que l’on pourrait appeler votre « thèse », votre idée principale n°1 ou 2.

2)Développement :

Le Développement de votre idée, qui autorise quelques longueurs : vous justifiez votre démarche, reformulez votre idée, en précisez l’enjeu. Vous l’aurez compris : il importe de bien faire comprendre votre idée avant de la démontrer dans l’étape suivante. Un constat s’impose : en philosophie, avoir une idée ne suffit pas.

3) Illustration :

C’est pourquoi il importe, une fois exposée, de lui donner du poids, de la consistance, de la profondeur. Cette étape est décisive ! Plusieurs types d’arguments et de preuves s’offrent à vous :

            –la référence philosophique : c’est le moment de mobiliser les connaissances acquises pendant l’année. Soyez exhaustifs : citez l’auteur et l’ouvrage, utilisez des mots précis, prenez le temps de développer un concept, …

            –les références artistiques/littéraires/historiques/cinématographiques, musicales… : contrairement à ce que l’on pourrait penser, argumenter dans une copie de philosophie ne se réduit pas à citer un auteur/un ouvrage/un concept philosophiques. Toute référence reste appréciée, qu’elle soit artistique, historique, … N’hésitez donc pas à mobiliser votre culture générale pour donner plus de poids à votre argument !

            –des exemples : il est inutile d’être spécialiste du sujet en question pour trouver des arguments d’autorité : le monde réel et la vie quotidienne regorgent d’éléments concrets et mobilisables en dissertation. Les exemples les plus simples et les plus triviaux sont souvent les plus percutants !

Conseil :  Reliez toujours de manière directe et explicite l’argument à votre idée ! Cela permettra d’éviter l’effet « blabla ».

4) Conclusion :

Revenir sur ce que l’on vient de démontrer et conclure, affirmer fièrement sa position ou en montrer les limites pour passer à l’idée ou la partie suivante. En bref, vous annoncez ce qui suit : vous pouvez nuancer votre réflexion précédente, modifier un paramètre, approfondir une notion, ou encore explorer une toute autre piste.   Il n’y a plus qu’à suivre la même méthode pour construire vos paragraphes suivants !

Exemple d’argumentation philo ADIC :

Argument 1 (pour soutenir notre thèse que la connaissance ne rend pas heureux


A) Nous soutenons que la connaissance ne rend pas heureux, car l’effort que l’on doit déployer pour l’acquérir nous empêche de consacrer notre vie à des choses plus importantes.
D) En effet, la vie est courte, et les connaissances sont infinies. Passer notre vie à chercher inlassablement à augmenter notre savoir ne peut que nous éloigner de notre mission première sur cette terre qui est d’avoir du plaisir. Chaque humain cherche en effet à vivre un maximum de plaisir et à éviter la douleur. À quoi bon faire des recherches ardues si la mort vient mettre un terme à notre existence avant que nous n’en ayons profité?
I) N’a-t-on pas tous en tête l’image de ces savants travaillant d’arrache-pied dans leur laboratoire ou dans leur bibliothèque poussiéreuse à la recherche de théories qu’ils ne trouveront probablement jamais? Ceux-là que la mort est venue surprendre alors qu’ils n’avaient même pas pris le temps de jouir de la vie?
C) La recherche de savoirs étant infinie, elle nous empêche donc de passer du temps à faire ce qui nous rend heureux.

EXEMPLE d’enchaînement après ce paragraphe :
Paragraphe 2
Objection (ce que quelqu’un pourrait opposer à notre thèse) :
A) Certains pourraient affirmer qu’au contraire la connaissance rend heureux puisqu’il s’agit de la réalisation du potentiel humain.
I) Comme le dit Aristote, l’homme est un animal rationnel. Ce philosophe soutient que toute chose, pour être à son meilleur, doit réaliser son plein potentiel. Acquérir des connaissances, c’est développer notre raison. Réaliser une de nos virtualités principales, la raison, étant le but de notre existence, ne peut faire autrement que de nous apporter le bonheur. Un bon marteau étant celui qui réussit à enfoncer un clou, un bon humain est celui qui développe sa
….. etc