LA DÉMOCRATIE AMÉRICAINE EN CRISE ?
Document 1 : Discours d’E. Keane dans la série Homeland.
Homeland est une série américaine crée en 2011 par Howard Gordon et Alex Gansa à partir de la série israélienne Hatufim.
La série s’ouvre sur la libération de Nicholas Brody, un marine détenu depuis huit ans par Al-Qaïda. Carrie Mathison, membre de la CIA est persuadée que Brody a été retourné par la CIA et qu’il représente une menace pour les Etats-Unis.
Dans la 7e saison d’Homeland, la présidente E. Keane, critiquée pour la répression menée après sa tentative d’assassinat, fait également face à une campagne de désinformation et de déstabilisation.

DOCUMENT 1 :
DOCUMENT 2 :
Discours de Kamala Harris du 7 novembre 2020 :
Soit l’étude comparée faite du discours de démission d’E. Keane, et en contrepoint de celui de K. Harris le 7 nov. 2020, va nous permettre d’engager la réflexion sur ce qu’est la démocratie.
- APPRENDRE A PROBLÉMATISER :
- « La démocratie, les démocraties » ?
- A partir de l’analyse des deux discours, des deux vidéos : dégager le sens de la formulation du thème de l’année : la démocratie comme « pouvoir du peuple » : sens premier du mot mais différentes conceptions de la démocratie existent – on l’a vu – d’où l’utilisation du pluriel ( directe/indirecte ; représentative/participative..)
ANNEXE DU COURS :
1°) RETOUR SUR LA 7EME SAISON D’HOMELAND :
Sans doute trop longue, cette septième saison s’est ouverte sur une piste narrative étonnante et excitante où Carrie, désormais espionne sans attaches, s’attaque seule à la présidente des Etats-Unis. Sa mission : dénoncer la dérive autoritaire d’une dirigeante emprisonnant à tour de bras ceux qui pourraient avoir été liés, de près ou de loin, à la tentative d’assassinat dont elle faisait l’objet à la fin de la saison précédente. Piste intéressante car elle interroge la fragile frontière entre pouvoir et tyrannie : la dérive autoritaire inhérente à tout régime y compris démocratique.
On pourra lire en complément : Pierre Langlais, “Homeland”, saison 7 : entre démocratie sacrifiée et sacrifices pour la démocratie, 30/04/2018 (https://www.telerama.fr/series-tv/homeland,-saison-7-entre-democratiesacrifiee-et-sacrifices-pour-la-democratie,n5628701.php)
2°) KAMALA HARRIS, LEWIS ET JOHN DEWEY
Prenant la parole après la victoire de Joe Biden, la future vice-présidente américaine a expliqué que la démocratie est un processus en perpétuelle réinvention. Le discours de victoire de la future vice-présidente des États-Unis a impressionné. Comme on l’a vu, K. Harris a cité l’ancien élu démocrate à la Chambre des représentants John Lewis, qui était décédé au mois de juillet précédent : « La démocratie n’est pas un état de fait ; c’est un acte. »

Ce qu’elle voulait dire,c’est que « la démocratie américaine n’est pas garantie. […] Protéger notre démocratie implique des luttes et des sacrifices ».
La démocratie serait donc en perpétuelle réinvention ? Une affaire d’actions individuelles plus que d’institutions politiques ?
C’est une vision proche des théories du philosophe pragmatiste américain John Dewey, qui, dans « De la nécessité d’une éducation industrielle dans une démocratie industrielle » (1916), affirmait que « la démocratie doit naître de nouveau à chaque génération, et l’éducation est sa sage-femme ».

Premier constat de Dewey :
Nous faisons fausse route si nous essayons de définir la démocratie en termes d’institutions.
Des formes de démocraties, il en existe en effet beaucoup ; et il est dans la nature même des institutions démocratiques de se transformer, d’évoluer, de s’adapter – au contraire des autres régimes, qui se définissent par une certaine permanence de leurs structures politiques.
Comme le précise Dewey, « la démocratie est plus qu’une forme de gouvernement ; elle est d’abord une manière de vivre » qui implique « la nécessaire participation de tout être humain adulte à la formation des valeurs qui règlent la vie des hommes en commun ». Pour Dewey, la démocratie est donc d’abord un « esprit » et non une simple « technologie politique » d’organisation de la communauté humaine.

Son approche est « pragmatique », au sens où elle s’intéresse moins à la théorie politique qu’au pragmatikós, à l’« action ». [pragma en grec « l’action »].

Ce qui caractérise alors le mieux la démocratie, c’est la participation politique car elle permet la mise à jour de nouveaux problèmes auparavant occultés ou minorés (par ex, aux USA, les violences policières à l’égard des Noirs ou les agressions sexistes dénoncées par #MeToo).
En ce sens, la démocratie est avant tout un « processus».

La conséquence immédiate de cette redéfinition de la démocratie, c’est sa métamorphose permanente.
Pour survivre, la démocratie doit faire place aux actes qui l’inventent et la réinventent sans arrêt.



Mais au fait vous connaissez John DEWEY mais, sans le savoir, quand vous allez au CDI :
C’est son système de classification, le système Dewey qui répartit les connaissances humaines en 10 grandes classes, 100 divisions, 1000 sections et une multitude de sous-sections qui précisent et affinent à chaque fois le sujet.
Pour une fois qu’un philosophe sert à quelque chose ! Pragmatique, je vous ai dit !

DEUX VIDÉOS POUR LE DÉBAT

























































