LA NATURE / 4

HANS JONAS ET LE PRINCIPE RESPONSABILITÉ :

Pour repenser notre rapport à la nature, ne faudrait-il pas en effet modifier notre morale ?

Il est naïf de croire que l’homme est extérieur à la nature, qu’il puisse la dominer, comme un maître peut dominer son esclave, et la mettre à son service, comme s’il pouvait s’en extraire et s’en distinguer complètement. Il ne faut pas oublier que l’homme appartient à la nature. Et n’oublions pas la phrase de la vidéo de Sophie Marceau du cours précédent :

« La Nature n’a pas besoin de l’homme, l’homme a besoin de la nature »

Elle nous rappelle celle de Jean-Jacques ROUSSEAU :

Il ne faut donc pas penser l’homme en rupture avec la nature, il faut repenser sa situation face à la nature.

C’est ainsi que le philosophe allemand contemporain Hans Jonas (1903-1993)

propose de renouveler la morale, cet ensemble de règles que nous devons mettre en pratique dans notre relation à autrui afin de ne pas le faire souffrir ou lui nuire. Jusqu’au XXe siècle, la morale pense les relations des êtres humains entre eux en tant qu’ils sont nos contemporains, nos proches, nos voisins autrement dit, l’action morale, le devoir concernent les relations entre prochains comme le grand principe « Aime ton prochain comme toi-même » de la morale chrétienne).

Or, la difficulté avec la technique moderne est que les effets de l’action de l’humanité sur la nature ne sont pas nécessairement manifestes immédiatement mais sont souvent une menace pour les générations futures. Il faudrait donc revoir notre conception de la morale et du devoir, en tenant compte des générations futures dans les nouveaux principes que nous devons suivre.

Lisons donc Hans Jonas, qui écrivait en 1979 :

[ Nous donnons ici un extrait plus long du texte donné en cours (le fluo orange correspondant à la version de la photocopie du cours) ]

 » Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l’économie son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui. (…) La promesse de la technique moderne s’est inversée en menace (…). La soumission de la nature destinée au bonheur humain a entraîné par la démesure de son succès, qui s’étend maintenant également à la nature de l’homme lui-même, le plus grand défi pour l’être humain que son faire ait jamais entraîné. Tout en lui est inédit, sans comparaison possible avec ce qui précède (…). Nulle éthique traditionnelle ne nous instruit donc sur les normes du « bien » et du « mal » auxquelles doivent être soumises les modalités entièrement nouvelles du pouvoir et de ses créations possibles. La terre nouvelle de la pratique collective, dans laquelle nous sommes entrés avec la technologie de pointe, est encore une terre vierge de la théorie éthique.

Dans ce vide (qui est en même temps le vide de l’actuel relativisme des valeurs) s’établit la recherche présentée ici. Qu’est-ce qui peut servir de boussole ? L’anticipation de la menace elle-même ! (…)

Un impératif adapté au nouveau type de l’agir humain et qui s’adresse au nouveau type de sujets de l’agir s’énoncerait à peu près ainsi : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la Permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre » ; ou pour l’exprimer négativement : « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie » (…).

On voit sans peine que l’atteinte portée à ce type d’impératif n’inclut aucune contradiction d’ordre rationnel. Je peux vouloir le bien actuel en sacrifiant le bien futur. De même que je peux vouloir ma propre disparition, je peux aussi vouloir la disparition de l’humanité. (…)

Or le nouvel impératif affirme précisément que nous avons bien le droit de risquer notre propre vie, mais non celle de l’humanité ; (…) que nous n’avons pas le droit de choisir le non-être des générations futures à cause de l’être de la génération actuelle et que nous n’avons même pas le droit de le risquer. Ce n’est pas du tout facile, et peut -être impossible sans recours à la religion, de légitimer en théorie pourquoi nous n’avons pas ce droit, pourquoi au contraire nous avons une obligation à l’égard de ce qui n’existe même pas encore et ce qui « de soi » ne doit pas non plus être, ce qui du moins n’a pas droit à l’existence, puisque cela n’existe pas. Notre impératif le prend d’abord comme un axiome sans justification. »

Hans Jonas, Le Principe responsabilité : une éthique pour la civilisation technologique (1979), trad. J. Greisch, Éd. du Cerf, Préface, pp. 13 et 30.

Après lecture attentive du texte, vous répondrez aux questions suivantes et comparerez vos réponses aux éléments de corrigé proposés par la suite.

Questions

  • 1. Jonas parle d’un « Prométhée définitivement déchaîné », à quoi fait-il référence ? Que veut-il dire ?
    • 2. Pourquoi faut-il, selon Jonas, repenser la morale aujourd’hui ?
    • 3. Pourquoi, selon Jonas, n’avons-nous pas le droit de risquer la survie des générations futures ?

     

    Éléments de réponses :

    1. Jonas fait référence au mythe de Prométhée retranscrit que nous verrons bientôt dans notre prochain chapitre « la Technique« , prochaine notion. Dans ce mythe, le don que Prométhée fait aux hommes est celui du feu et de la connaissance des arts, il représente la technique. Ici, Jonas insiste sur le fait que la technique moderne avec la science et l’économie qui progressent ensemble entraînent l’humanité dans une situation dont elle ne mesure plus les conséquences à long terme et qui menacent son avenir. Si Prométhée est « définitivement déchaîné », c’est qu’il n’a plus de chaînes, qu’il a perdu les chaînes de sa punition sur le mont Caucase, qu’on ne peut plus l’arrêter, que l’évolution de la technique est entrée dans un processus sans limites.

    • 2. Il faut donc repenser la morale car le défi que doivent relever les êtres humains est nouveau : jusqu’à aujourd’hui la morale définissait des règles du devoir envers soi-même et envers autrui, mais jamais des règles du devoir envers les générations futures. En effet, je n’ai de devoir qu’envers ceux sur qui mon action présente a un effet direct mais la difficulté avec la technique aujourd’hui est que les effets de nos choix actuels seront à supporter par les générations futures, comme par exemple l’épuisement des ressources naturelles (bois, pétrole, eau) ou le réchauffement climatique ; ainsi nous risquons, pour notre confort présent et par notre imprévoyance, de menacer la survie des générations futures.

    • 3. Selon Jonas nous devons poser un nouveau principe pour diriger notre action et c’est ce nouveau principe qu’il appelle « principe responsabilité » et qui nous rappelle que nous sommes responsables non seulement envers nous-mêmes ou nos contemporains, mais aussi envers les générations futures. On peut imaginer que ce qu’on appelle aujourd’hui « principe de précaution » et qui nous oblige à renoncer à la diffusion d’une découverte dont on ignore si ses effets à long terme ne seront pas nocifs, est une interprétation de ce principe proposé par Jonas. Il propose donc de considérer que les générations futures ont le droit d’exister comme un axiome, et c’est pour lui une proposition évidente qui ne demande pas d’être démontrée, argumentée ou justifiée. Cela suppose un droit à l’existence pour les générations futures qui n’existent pas encore et on pourra remarquer qu’il faut alors que nous supposions que quelque chose qui n’existe pas et n’existera peut-être jamais… a des droits… et ceci est du point de vue juridique loin d’être évident !….

    Éthique/morale : pris dans ce texte comme synonymes, ces termes concernent la question du bien et du mal et du bon comportement : comment bien agir ? Y a-t-il des règles qui nous assurent que nous accomplirons bien notre devoir ?

    Impératif : un impératif est un ordre, une règle que l’on doit suivre sans exception, à laquelle on ne peut se soustraire.

    COMPLEMENTS VIDÉOS :

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    VIDÉO DE RÉVISION DE LA NOTION :

    LA DÉMOCRATIE 6

    LA DÉMOCRATIE AMÉRICAINE EN CRISE ?

    Document 1 : Discours d’E. Keane dans la série Homeland.

    Homeland est une série américaine crée en 2011 par Howard Gordon et Alex Gansa à partir de la série israélienne Hatufim.

    La série s’ouvre sur la libération de Nicholas Brody, un marine détenu depuis huit ans par Al-Qaïda. Carrie Mathison, membre de la CIA est persuadée que Brody a été retourné par la CIA et qu’il représente une menace pour les Etats-Unis.

    Homeland, saison 7, bande annonce

    Dans la 7e saison d’Homeland, la présidente E. Keane, critiquée pour la répression menée après sa tentative d’assassinat, fait également face à une campagne de désinformation et de déstabilisation.

    DOCUMENT 1 :

    ACTIVER LES SOUS-TITRES (traduction simultanée)

    DOCUMENT 2 :

    Discours de Kamala Harris du 7 novembre 2020 :

    Soit l’étude comparée faite du discours de démission d’E. Keane, et en contrepoint de celui de K. Harris le 7 nov. 2020, va nous permettre d’engager la réflexion sur ce qu’est la démocratie.

    • APPRENDRE A PROBLÉMATISER :
    • « La démocratie, les démocraties » ?
      • A partir de l’analyse des deux discours, des deux vidéos : dégager le sens de la formulation du thème de l’année : la démocratie comme « pouvoir du peuple » : sens premier du mot mais différentes conceptions de la démocratie existent – on l’a vu – d’où l’utilisation du pluriel ( directe/indirecte ; représentative/participative..)

    ANNEXE DU COURS :

    1°) RETOUR SUR LA 7EME SAISON D’HOMELAND :

    Sans doute trop longue, cette septième saison s’est ouverte sur une piste narrative étonnante et excitante où Carrie, désormais espionne sans attaches, s’attaque seule à la présidente des Etats-Unis. Sa mission : dénoncer la dérive autoritaire d’une dirigeante emprisonnant à tour de bras ceux qui pourraient avoir été liés, de près ou de loin, à la tentative d’assassinat dont elle faisait l’objet à la fin de la saison précédente. Piste intéressante car elle interroge la fragile frontière entre pouvoir et tyrannie : la dérive autoritaire inhérente à tout régime y compris démocratique.

    On pourra lire en complément : Pierre Langlais, “Homeland”, saison 7 : entre démocratie sacrifiée et sacrifices pour la démocratie, 30/04/2018 (https://www.telerama.fr/series-tv/homeland,-saison-7-entre-democratiesacrifiee-et-sacrifices-pour-la-democratie,n5628701.php)

    2°) KAMALA HARRIS, LEWIS ET JOHN DEWEY

    Prenant la parole après la victoire de Joe Biden, la future vice-présidente américaine a expliqué que la démocratie est un processus en perpétuelle réinvention. Le discours de victoire de la future vice-présidente des États-Unis a impressionné. Comme on l’a vu, K. Harris a cité l’ancien élu démocrate à la Chambre des représentants John Lewis, qui était décédé au mois de juillet précédent : « La démocratie n’est pas un état de fait ; c’est un acte. » 

    John LEWIS (1940-2020), député et leader avec Luther King du mouvement des droits civiques.

    Ce qu’elle voulait dire,c’est que « la démocratie américaine n’est pas garantie. […] Protéger notre démocratie implique des luttes et des sacrifices ».

    La démocratie serait donc en perpétuelle réinvention ? Une affaire d’actions individuelles plus que d’institutions politiques ?

    C’est une vision proche des théories du philosophe pragmatiste américain John Dewey, qui, dans « De la nécessité d’une éducation industrielle dans une démocratie industrielle » (1916), affirmait que « la démocratie doit naître de nouveau à chaque génération, et l’éducation est sa sage-femme ». 

    Premier constat de Dewey :

    Nous faisons fausse route si nous essayons de définir la démocratie en termes d’institutions.

    Des formes de démocraties, il en existe en effet beaucoup ; et il est dans la nature même des institutions démocratiques de se transformer, d’évoluer, de s’adapter – au contraire des autres régimes, qui se définissent par une certaine permanence de leurs structures politiques.

    Comme le précise Dewey, « la démocratie est plus qu’une forme de gouvernement ; elle est d’abord une manière de vivre » qui implique « la nécessaire participation de tout être humain adulte à la formation des valeurs qui règlent la vie des hommes en commun ». Pour Dewey, la démocratie est donc d’abord un « esprit » et non une simple « technologie politique » d’organisation de la communauté humaine.

    LE PHILOSOPHE AMERICAIN JOHN DEWEY (prononcer « dioui »), (1859-1952)

    Son approche est « pragmatique », au sens où elle s’intéresse moins à la théorie politique qu’au pragmatikós, à l’« action ». [pragma en grec « l’action »].

    Ce qui caractérise alors le mieux la démocratie, c’est la participation politique car elle permet la mise à jour de nouveaux problèmes auparavant occultés ou minorés (par ex, aux USA, les violences policières à l’égard des Noirs ou les agressions sexistes dénoncées par #MeToo).

    En ce sens, la démocratie est avant tout un « processus». 

    La conséquence immédiate de cette redéfinition de la démocratie, c’est sa métamorphose permanente.

    Pour survivre, la démocratie doit faire place aux actes qui l’inventent et la réinventent sans arrêt.

    Mais au fait vous connaissez John DEWEY mais, sans le savoir, quand vous allez au CDI :

    C’est son système de classification, le système Dewey qui répartit les connaissances humaines en 10 grandes classes, 100 divisions, 1000 sections et une multitude de sous-sections qui précisent et affinent à chaque fois le sujet.

    Pour une fois qu’un philosophe sert à quelque chose ! Pragmatique, je vous ai dit !

    DEUX VIDÉOS POUR LE DÉBAT

    GRAND ORAL 1

    Le grand oral est la GRANDE nouveauté du nouveau bac !

    Le Grand oral est l’un des changements majeurs du nouveau baccalauréat. A l’issue de la
    terminale, il valide la capacité de l’élève à parler en public, debout, sans notes, et à interagir
    avec le jury.

    Il est adossé aux nouveaux enseignements de spécialité, et propose un moment
    de partage et d’échange autour du cursus de chacun et chacune.

    Avec un coefficient 10 en bac général et 14 en bac techno, il s’agit de l’une des épreuves les plus importantes de l’examen. Alors:

    À quoi devez-vous vous attendre ? Comment se préparer ?

    Les objectifs du grand oral :

    • Apprendre à vous exprimer en public de façon claire et convaincante
    • Évaluer vos capacités d’argumentation, votre esprit critique, votre expression, la clarté de votre propos, votre engagement dans votre parole et votre force de conviction
    • Utiliser vos connaissances pour développer une argumentation et montrer en quoi elles sont essentielles pour votre projet de poursuite d’études, voire votre projet professionnel.

    Qui compose le jury du grand oral ?

    Le jury du grand oral est composé de deux professeurs (⚠️ en aucun cas, il ne peut s’agir de vos professeurs). L’un de vos examinateurs enseigne dans l’un de vos deux enseignements de spécialité (en voie générale), ou dans la spécialité de votre série (en voie technologique).

    Grand oral : 20 min de préparation, 20 minutes d’oral

    L’épreuve du grand oral se déroule en quatre temps :

    UNE PHASE PRÉPARATOIRE (20 MINUTES)

    Durant l’année scolaire vous préparez en classe 2 questions.

    En voie générale : ces questions portent chacune sur un ou deux de vos enseignements de spécialité de terminale.

    En voie technologique : ces questions s’appuient sur une des spécialités de votre série.

    Juste avant l’épreuve, le jury choisit une de ces deux questions. Vous avez 20 minutes pour préparer votre exposé. Pour cela, vous avez la possibilité de créer un support (carte, graphique, schéma, etc.) pour le jury. Mais, celui-ci n’est pas évalué.

    Attention, votre exposé se fait sans notes.

    UNE PHASE DE PRÉSENTATION (5 MINUTES, DEBOUT)

    Il vous est demandé d’expliquer les raisons du choix de la préparation de cette question. Vous développez votre réponse.

    UNE PHASE D’ÉCHANGE AVEC LE JURY (10 MINUTES, DEBOUT OU ASSIS)

    Le jury vous interroge pour avoir plus de précisions et vous permettre d’approfondir votre pensée. Ce temps d’échange met en valeur vos connaissances liées au programme des spécialités suivies et vos capacités d’argumentation.

    UNE PHASE D’ÉCHANGE SUR VOTRE PROJET D’ORIENTATION POST-BAC (5 MINUTES, DEBOUT OU ASSIS)

    Vous devez expliquer en quoi la question traitée a éclairé ou non votre projet de poursuite d’études (formulation de vos voeux sur Parcoursup qui ont été au moment de l’épreuve validés)  ou votre projet professionnel. C’est l’occasion d’évoquer les étapes qui vous ont permis d’avancer dans votre réflexion d’orientation (rencontres, stages, mobilité internationale, spécialités, etc.) et de projet post-bac. Le jury est attentif à votre manière d’exprimer une réflexion personnelle et à vos motivations.

    GRAND ORAL 4

    Je sais que je sais faire du vélo le jour où j’enlève les roulettes sur la roue arrière. Si je veux être sûr de savoir nager, il faut un jour que j’enlève mes bouées brassards et me jette à l’eau.

    Si je veux savoir parler en public, je dois savoir m’exprimer debout et sans note, en interaction avec ceux qui m’écoutent. C’est une compétence qu’on garde pour la vie entière. En ce sens, le Grand oral du bac est bien un rite de passage et vous prouvera à vos propres yeux que vous avez acquis la compétence de parler en public. Vous pourrez en être fiers.

    DEVENIR UN GRAND ORATEUR ?

    DÉBUT DE L’ÉPREUVE : POURQUOI CINQ MINUTES EN CONTINU ?

    Savoir parler, c’est savoir parler dans une contrainte de temps. 5 minutes est déjà une durée qui oblige de construire son propos et de hiérarchiser et de classer ce que l’on a à dire. Il faut garder l’essentiel pour un propos clair et concentré. C’est aussi une manière de tester car une personne qui n’a pas travaillé ses questions pourrait rêver de faire illusion s’il s’agissait de parler simplement trois minutes mais en cinq minutes, ce n’est pas possible. Il faut savoir garder le plus important de son travail pour le partager en temps limité, ce que Rabelais appelle « la substantifique moelle ».

    QUE VISENT LES DEUXIÈME ET TROISIÈME TEMPS DE L’ÉPREUVE ?

    Il s’agit d’un dialogue. Je dois être à l’écoute des questions du jury, à chaque mot près. Car un mot peut changer le sens de la question. Je dois prendre le temps de réfléchir à mes réponses, car ce moment va me permettre d’approfondir mon raisonnement, d’accueillir éventuellement d’autres façons de penser le sujet. C’est un moment pour aller plus loin et clarifier si besoin mon propos.

    LES CINQ DERNIÈRES MINUTES : POURQUOI PARLER DE SON ORIENTATION ?

    La question de l’orientation ne s’arrête pas au mois de mars de l’année de terminale ! Elle se pose tout au long de la vie.

    Trois mois se seront écoulés depuis les vœux sur Parcoursup et vous les avez validés. Il s’agit de dialoguer sur là où j’en suis au moment où se passe l’oral. Je peux faire part de mes recherches, de mes rencontres mais pourquoi pas aussi de mes doutes. Le Grand oral est aussi appelé un oral de maturité. Je suis un jeune adulte et des adultes plus avancés dans leur chemin me donnent de leur temps pour m’écouter et pour échanger sur mes projets. C’est un oral bienveillant.

    DOCUMENT :

     » I HAVE A DREAM » Le discours COMPLET de Martin Luther King en couleur (Sous-titre en français)

     

    « Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité. »

    A qui appartient cette phrase attribuée à un orateur célèbre ?

    Au Dictateur, le premier film parlant de Chaplin. Il y interprète un modeste barbier juif qui vit dans le ghetto, mais aussi Hynkel, le dictateur de la Tomania. Chaplin consacra plusieurs mois à préparer et réécrire le discours final du film dans lequel le barbier, qui est pris pour le dictateur lance un appel à la paix, qui vibre, ô combien, encore de nos jours.

    GRAND ORAL 5

    LES CINQ PREMIÈRES MINUTES

    Au-delà du contenu à transmettre, il est essentiel de se poser les bonnes questions pour choisir un plan pertinent et intéresser son auditoire.

    Grâce à un entraînement régulier et quelques conseils pratiques, acquerrez confiance en vous et en vos connaissances. Le grand oral sert à présenter un problème c’est-à-dire LA QUESTION D’UNE QUESTION, ce qu’on appelle une PROBLÉMATIQUE :

    C’est commenter une idée, introduire une réflexion sur un problème posé, qui sera suivi d’un débat sous forme de questions avec les deux membres du jury.

    Préparer l’exposé de 5 minutes :

    Faire un plan

    La qualité première de votre exposé, c’est sa construction. Le défaut le plus rédhibitoire, c’est l’exposé brouillon, où l’on ne sait plus où l’on est ! 

    Comment construire votre exposé ?

    Un principe de base est de toujours aller du général de votre question au particulier.

    Élaborer donc un plan en notant :

    • les titres des parties
    • les sous-titres
    • les idées « force »
    • les phrases de transition
    • les exemples

    Ce plan vous servira de guide lors de votre intervention. Il peut constituer le support que vous remettez au jury.

    Défauts à éviter :

    Evitez de vouloir montrer l’étendue de vos connaissances en donnant par exemple trop de détails au risque d’oublier de présenter les idées directrices et surtout de vous embourber… !

    N’écrivez pas intégralement votre exposé vous n’en avez pas le temps, et vous devez éviter de lire devant le jury.

    Rédigez l’introduction et votre dernière phrase :

    L’introduction est déterminante pour attirer l’attention de votre auditoire.

    La conclusion, la 5ème minute doit achever de convaincre le jury car si elle est bien menée, elle peut faire oublier quelques incohérences ou erreurs dans vos propos ; il ne faut donc pas l’improviser.

    Apprenez votre introduction de 5′

    Il est conseillé de l’apprendre par cœur. Cela participe également à diminuer le trac en début de présentation.

    Pendant le temps de préparation (les 20 ‘)

    Préparer vos notes.

    Vos notes sont votre prompteur :

    • Elles doivent être prises uniquement sur le recto des feuilles ; laissez le verso vierge, vous n’aurez donc pas à tourner vos pages.
    • Numérotez de façon claire vos feuilles.
    • Ecrivez en gros et de manière lisible, utilisez si besoin des couleurs (vos fluos)
    • N’oubliez pas, si nécessaire, pour certaines spécialités, de faire référence à des données chiffrées.

    Même si c’est une courte intervention, il est important de noter votre message-clé et de lister vos arguments. C’est une bonne manière de clarifier vos idées.

    Penser à la suite !

    N’oubliez pas que des questions suivront. Il est donc judicieux de les suggérer au jury, en ménageant quelques oublis sur des points que vous connaissez bien : vous donnerez ainsi une impression de grande maîtrise, lorsque vous répondrez rapidement à ces questions.

    En règle générale, n’épuisez pas vos connaissances lors de l’exposé, ne dégainez pas toutes vos cartouches : vous risqueriez alors un mutisme total lors des questions.

    Capter votre auditoire !

    Vous allez être jugé autant sur votre capacité à vous exprimer oralement que sur vos connaissances. Adoptez un état d’esprit positif. Soyez donc vif, captivant, et veillez à respecter quelques conseils élémentaires.

    • Ne lisez jamais : vous devez regarder votre jury dans les yeux.

    • Mettez du relief : accentuez les termes importants (concepts, transitions), modulez vos phrases, évitez la monotonie.
    • Tenez compte de la lassitude éventuelle du jury surtout si vous passez dans les derniers. 

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    Captiver son public

    Au-delà des connaissances que vous allez démontrer, vous devrez captiver votre auditoire.

    Pour ce faire :

    • Exprimez-vous clairement, construisez bien vos phrases, choisissez judicieusement vos termes.
    • Faites des phrases courtes, au présent de préférence.
    • Soyez prudent, n’utilisez que des mots dont vous possédez bien la signification, n’introduisez pas d’éléments que vous maîtrisez mal.
    • Ne vous laissez pas submerger par l’émotion ou le manque de préparation. Rappelez-vous que si vous avez correctement préparé votre sujet, votre trac s’atténue voire disparaît car vous maîtrisez votre sujet.

    SCHÉMA DU SUJET IDEAL :

    • Choisissez une posture adaptée, évitez de croiser les bras, de mettre les mains derrière le dos, de jouer avec votre stylo, de gesticuler. 

    Se préparer / S’entraîner :

    La première règle consiste à respecter scrupuleusement le temps alloué à l’exposé et à ne jamais empiéter sur les minutes consacrées aux questions ; vous commettriez alors une erreur qui sera sanctionnée ou vous risqueriez d’être interrompu sans avoir la possibilité d’achever votre propos.

    Entraînez-vous sur plusieurs durées ; il est possible que le jury modifie le temps qui vous semblait être imparti. L’habitude est une précieuse alliée ; entraînez-vous régulièrement à parler pendant la durée donnée ; assez rapidement cela deviendra une seconde nature.

    Exercez-vous devant un public, cela permet d’acquérir de l’aisance et de corriger ses « tics ». 

    Le jour de l’épreuve, vous poserez en évidence sur votre table une montre ou un chronomètre qui vous permettra, d’un rapide regard, de vérifier le temps restant.

    Vous pouvez positionner les aiguilles de votre montre sur 12h ce qui facilite la lecture du temps.

    Vous devrez suivre un minutage précis de votre exposé que vous aurez préalablement découpé en 3 séquences :

    • Une introduction claire
    • 2 ou 3 parties équilibrées
    • Une conclusion

    Attention ! Si vous ne disposez pas d’assez de temps, utilisez la dernière minute pour dire l’essentiel et faites toujours une conclusion même très rapide.

    • Répondre aux questions :

    • Après l’exposé, vient le temps des questions du jury. Comment appréhender ce moment ?
      En premier il est essentiel de ne jamais s’imposer de répondre immédiatement. Il est normal, et même apprécié, de marquer un temps de réflexion, pour autant que celui-ci soit raisonnable.
    • Vous ne comprenez pas la question qui vous est posée ?…. Demandez au jury de la reformuler ; ne risquez pas une réponse à côté.
    • ou citez CONFUCIUS :

    • Si la réponse vous échappe, n’abandonnez pas trop vite ; commencez votre propos par introduire la demande en situant son contexte, reformulez ensuite la question en l’enrichissant un peu, puis annoncez que cette information vous échappe momentanément, en faisant, ,si vous le pouvez, une hypothèse.
    • Le jury peut vous poser une question dont la réponse figurait dans votre exposé. Il se peut qu’il veuille vous amener à corriger une erreur ou à préciser un point, à émettre une opinion, à vérifier si vous aviez bien compris ce que vous, affirmiez.

    Pour mettre toutes les chances de votre côté et éviter le stress :

    • Arrivez en avance
    • Testez le matériel dont vous aurez besoin
    • Relisez vos notes
    • Détendez-vous quelques minutes
    • Concentrez-vous

    LA DÉMOCRATIE 5

    La démocratie renvoie à un système de création de règles pour un groupe d’individus. Le mot vient du grec demos – qui signifie peuple – et kratos qui signifie pouvoir. Aussi définit-on souvent la démocratie comme « le pouvoir du peuple »; en d’autres termes, il s’agit d’un système d’élaboration de règles institué par le peuple qui doit obéir à ces règles.

    ATHÈNES, lieu d’origine de la démocratie

    Un tel système pouvait-il exister et pouvait-il constituer une bonne méthode de prise de décisions? Pourquoi cette idée est-elle apparue un jour et pourquoi la plupart des pays du monde d’aujourd’hui y voient-ils le seul système digne d’attention? Cela a-t-il vraiment un sens que tout le monde gouverne?

    Pourquoi la démocratie?

    L’idée démocratique est sous-tendue par deux principes fondamentaux qui peuvent expliquer l’attrait qu’elle exerce:

    1. Le principe d’autonomie individuelle: nul ne doit être soumis à des règles imposées par d’autres.
    2. Le principe d’égalité: chacun doit avoir la même possibilité de peser sur les décisions affectant les membres de la société.

    Ces deux principes séduisent naturellement les gens.

    En outre, le système démocratique est le seul qui, du moins en théorie, les considère comme fondamentaux. Les autres systèmes – l’oligarchie, la ploutocratie ou la dictature – violent ces deux principes en ce qu’ils octroient le pouvoir à une certaine frange de la société (toujours la même) dont les représentants prennent les décisions pour le reste de la population. Dans ces cas de figure, ni l’égalité ni l’autonomie individuelle ne sont respectées.

    Les deux principes définis ci-dessus apportent une justification morale à la démocratie; il apparaît clairement qu’ils sont tous deux des principes-clés des droits de l’homme. Ceci dit, des raisons pragmatiques viennent aussi justifier la préférence pour un gouvernement de type démocratique.

    1. Il est souvent avancé que le système démocratique est plus efficace qu’un autre système, car les décisions prises sont plus susceptibles d’être respectées par les individus – ceux-ci, en général, n’enfreignent pas leurs propres « règles ».
    2. L’acceptation des décisions par la population est aussi plus probable, car elles sont le fruit de l’établissement d’un consensus entre différentes factions; les règles seraient irréalistes si de vastes pans de la population les refusaient. Ainsi s’exerce une sorte de contrôle interne sur le type de lois votées, dont un gouvernement démocratiquement élu doit tenir compte.
    3. Le système démocratique est aussi censé encourager l’initiative et par conséquent être plus réactif à des conditions changeantes, conformément au principe que « deux têtes pensantes valent mieux qu’une ».

    Une bonne théorie…?

    En pratique, on ne peut évidemment pas s’attendre à ce que chacun contribue à la définition des règles. D’ailleurs, tout le monde ne le voudrait pas, si bien que de nombreux pays ont recours à un système représentatif, à une démocratie représentative plutôt que directe.

    Tout citoyen, en théorie, dispose de l’égale possibilité de choisir la personne susceptible selon lui de représenter au mieux ses intérêts. C’est ainsi qu’est respecté le principe d’égalité.

    Mais cela n’a pas toujours été le cas: à la naissance de la démocratie, dans la Grèce ancienne, femmes et esclaves n’avaient pas le droit de vote, pas plus, bien sûr, que les enfants. Aujourd’hui, dans la plupart des pays du monde, les femmes ont le droit de vote – mais ce combat n’a été gagné que récemment.

    D’autres groupes de la société, dont font d’ordinaire partie les immigrés, les détenus et les enfants, n’ont pas le droit de vote, bien qu’ils soient obligés d’obéir aux lois du pays.

    Or, est-il admissible d’exclure certaines catégories de la société du processus démocratique?

    Contrôle du processus législatif

    Si le principe d’égalité est plus ou moins admis aujourd’hui – du moins en ce qui concerne le droit de vote -, qu’en est-il du respect du premier principe, celui d’ autonomie dans les démocraties actuelles? Dans quelle mesure les membres de ces sociétés se sentent-ils « propriétaires » des lois élaborées par leurs représentants? La réponse à cette question est beaucoup moins encourageante. En réalité, la plupart des citoyens de la plupart des démocraties de ce monde, tendraient à affirmer que les lois leur sont « imposées » par des décideurs qui ne représentent pas leurs intérêts. Le premier principe se serait-il donc égaré?

     Est-il possible, dans une démocratie représentative, que les individus aient un réel pouvoir sur les décisions prises en leur nom?

    On pourrait dire, à plusieurs égards, que les individus exercent un certain contrôle sur le processus législatif dans une démocratie représentative :

    1. Les citoyens influent sur le processus législatif en ce qu’ils choisissent ceux qui feront les lois. En théorie, lors des élections, les citoyens font leur choix entre différents représentants potentiels de leurs intérêts; ils peuvent donc choisir celui dont le programme est le plus proche de leurs préoccupations.
    2. Les décideurs sont censés se présenter aux prochaines élections pour être ré-élus. Durant leur mandat, les législateurs, conscients qu’ils seront jugés sur leur bilan, éviteront de voter des lois inacceptables aux yeux du peuple. C’est une forme de contrôle implicite.
    3. Les citoyens disposent en principe de nombreux moyens pour exprimer leur mécontentement face à une politique ou à des lois particulières et ainsi répercuter le message à leurs représentants.
    4. Les citoyens ont aussi, en théorie, l’occasion d’exercer une influence plus positive sur le processus législatif en échangeant des vues avec les représentants politiques, par l’intermédiaire des ONG ou d’autres groupes de pression comme les syndicats et autres organes consultatifs.
    5. En dernier ressort, tout individu est libre de se présenter aux élections s’il juge qu’aucun des candidats n’est capable de représenter ses intérêts.

    Des élections libres et honnêtes – un moyen pour une fin ?

    Les élections sont une méthode permettant de contrôler les décideurs, contrôle qui s’exerce, en théorie du moins, en suscitant chez ces derniers le désir – ou le besoin – de tenir compte de leur électorat dans toutes leurs décisions. Cette méthode nécessite à l’évidence des élections libres et honnêtes, ainsi qu’une autre condition, encore plus fondamentale: à savoir, que les politiciens soient convaincus que leur électorat leur tiendra rigueur de ne pas représenter leurs intérêts. Aucun décideur n’a la moindre raison de représenter des intérêts différents des siens à moins qu’il ne redoute la sanction de l’électorat. De cette conviction dépend le bon fonctionnement du système; et c’est pourquoi le système repose, en dernier ressort, sur la sanction – ou du moins la menace de sanction – à laquelle l’électorat recourt parfois.

    Aussi est-il très facile d’introduire des « élections » dans un système politique sans le rendre pour autant véritablement démocratique. Les élections structurelles ne contribuent à un système démocratique que lorsque l’électorat s’en sert pour demander des comptes à ses représentants. Le fort taux d’abstention dans la plupart des pays démocratiques au commencement du 21ème siècle menace l’efficacité de ce système de contrôle.

    Il remet aussi en cause la légitimité de gouvernements soi-disant élus démocratiquement, mais en réalité parfois élus par une minorité de l’électorat.

    La démocratie dans le monde réel ?

    Il existe autant de formes de démocratie que de nations démocratiques dans le monde. Il n’y a pas deux systèmes parfaitement semblables, et aucun d’eux ne peut tenir lieu de « modèle » démocratique. Il existe des démocraties présidentielles et parlementaires; fédérales, confédérales ou encore de nature unitaire. Certaines démocraties ont sans cesse recours au référendum (démocratie directe), tandis que d’autres favorisent plus ou moins la consultation des structures extérieures. Des démocraties utilisent un système de vote proportionnel quand d’autres lui préfèrent le vote majoritaire – ou une combinaison des deux; et ainsi de suite.

    Chacun de ces systèmes peut se prétendre « démocratique » dans la mesure où il repose, formellement du moins, sur les deux principes énoncés précédemment: égalité de tous les citoyens et droit de chacun à un certain degré d’autonomie personnelle. A l’évidence, il n’est pas réaliste de voir dans l’ « autonomie » la possibilité pour chaque individu d’agir comme il l’entend; mais, en tous cas, le système, en conférant une voix égale à tous les citoyens, reconnaît que chacun est capable d’un choix indépendant et à droit à la prise en considération de son choix. Après quoi, bien des choses dépendent des citoyens individuels.

    Pourtant, bien que presque toutes les nations du monde se prétendent « démocratiques », il est certain que chaque système actuel est perfectible et susceptible de devenir encore plus démocratique; on peut d’ailleurs affirmer que cette évolution est souhaitable pour tous.

    Les problèmes de la démocratie

    Au début du 21ème siècle, l’inquiétude générée par l’état de la démocratie est quasi universelle. Elle résulte en grande partie du faible taux de participation électorale – révélateur d’un manque d’intérêt et d’implication de la part des citoyens – qui à certains égards sape le processus démocratique, comme nous venons de le voir.

    Bien que se pose là indubitablement un vrai problème, d’autres études indiquent que la participation sous différentes formes est en hausse – de la part des groupes de pression, des initiatives civiques, des organes consultatifs, et ainsi de suite. Ces formes de participation sont tout aussi essentielles, sinon davantage, au fonctionnement effectif de la démocratie que la participation des électeurs aux scrutins. Les élections, après tout, sont une façon grossière de garantir la représentation fidèle des intérêts des citoyens; et il faut ensuite attendre quatre à cinq longues années, soit la durée habituelle d’un mandat, pour pouvoir enfin demander des comptes aux responsables. Les gens ont la mémoire courte!

    Deux autres problèmes sont plus étroitement liés à la notion de démocratie représentative; ils concernent les intérêts des minorités. Le premier problème est que les intérêts des minorités sont rarement représentés par le système électoral, soit parce que ces minorités sont en trop petit nombre pour atteindre le niveau nécessaire à toute représentation, soit, plus souvent, parce que le système électoral est de type « majoritaire ». En second lieu, même si les minorités sont représentées dans le corps législatif, leurs représentants sont trop peu nombreux pour rassembler les votes qui permettraient de vaincre la majorité. Pour ces raisons, la démocratie est souvent définie comme la « règle de la majorité ».

    On ne saurait attendre de la démocratie qu’elle résolve le deuxième de ces problèmes. Il est parfaitement concevable – c’est arrivé mille fois – que la majorité autorise des décisions préjudiciables pour la minorité. Le fait qu’il s’agisse de la « volonté du peuple » ne justifie aucunement ces décisions. Les intérêts fondamentaux des minorités, comme ceux des majorités, ne peuvent être garantis que par le respect des principes des droits de l’homme, renforcé par un mécanisme juridique efficace – quelle que soit la volonté de la majorité.

    LA DÉMOCRATIE 7

    IV SYNTHÈSE DE RÉVISION

    Il ne s’agit ici que d’un court résumé. Il faut absolument relire l’ensemble et consulter attentivement les vidéos.

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    Beaucoup de Français et d’Européens sont déçus de la vie politique et regrettent un manque de représentation proche de leur vie quotidienne.

    D’où vient cette crise de confiance ? Quelles sont les solutions pour réparer ce lien de confiance ?

    Démocratie : définition

    La démocratie est née à Athènes en Grèce. Le terme démocratie signifie en grec « pouvoir du peuple ». Abraham Lincoln, 16e président des Etats-Unis, interprète la démocratie, comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Cela veut dire que le peuple choisit des représentants qui le gouvernent, à condition qu’ils gouvernent dans l’intérêt collectif.

    En démocratie, il existe quatre types de démocratie  :

    • directe.
    • représentative (indirecte).
    • mixte (semi-directe).
    • participative.

    Crise de la démocratie :

    En France, il y a aujourd’hui une crise de la représentation et du sentiment démocratique. Les Français n’ont plus confiance dans leurs représentants. 

    Cela se traduit par un fort taux d’abstention aux élections, une baisse du pouvoir des partis politiques en raison de leur émiettement et une vie parlementaire moindre liée à la concentration du pouvoir exécutif. (exemple : utilisation du 49.3) 

    Causes :

    Les affaires de corruption et de détournement de fonds publics de la part de la classe politique, la disparition des grands partis politiques, des représentants qui ne tiennent pas leurs engagements…

    Solutions :

    Pour réparer le lien de confiance entre les représentants et les citoyens français, on préconise les solutions suivantes :

    • Une politique de « décence ordinaire », c’est-à-transparence, bref l’honnêteté forcée des candidats. 
    • Un mix des deux types de représentation (directe et indirecte), car pour gouverner, il faut des gens compétents et formés aux sujets sensibles, comme les finances publiques ou les relations internationales.
    • Et dans le même temps, il faut de toute évidence associer les citoyens à la démocratie via de grands débats nationaux (démocratie participative) et des référendums réguliers, organisés et restitués de manière rigoureuse pour prendre ensuite les décisions législatives qui s’imposent.

    LA VÉRITÉ / 1

    POUR LA CONCEPTION DU PLAN DU COURS : aller sur l’onglet « Méthodo« , cours 1.

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     » Les yeux ne peuvent connaître la nature des choses » Lucrèce, philosophe romain de l’Antiquité (1er siècle avant J-C).

    Trois questions qui se posent à nous, concernant la nature de la vérité et les voies qui y conduisent.

    Partie A du cours :

    Qu’est-ce que la vérité ?

    Comment pouvons nous l’atteindre ?

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    Partie B du cours :

    Pourquoi devons-nous toujours, par principe dire la vérité ? Le problème du mensonge.

    PARTIE A

    I. Définitions, Problème et enjeu :

    1. Sens logique (courant) : l’idée adéquate qui correspond à la réalité, le jugement qui concorde
    1. vrai = concorde // faux = ne concorde pas.
    • 2. Sens ontologique (philosophique) : l’être profond de la chose, son essence, ce qu’elle est vraiment, « le vrai de vrai » des enfants

    Ici, la Vérité au sens logique, commun : Vrai / Faux / : sens logique. Photo de Staline et Léjov, lors du 2ème anniversaire de la Révolution d’Octobre (7 novembre 1919) puis à droite, photographie retouchée par Staline après l’exécution de Léjov. Léjov a disparu !

    De gauche à droite : Nikolaï AntipovJoseph StalineSerguei Kirov et Nikolaï Chvernik. Ce document a été remanié plusieurs fois, chaque personne tombée en disgrâce voyant son image éliminée de la photo. A la fin, Staline apparaît seul sur le dernier cliché.

    Premier sens :

    1. On appelle vérité au sens logique, la concordance d’une idée avec la réalité. C’est ce qu’on appelle la vérité comme adéquation. Elle renvoie à un jugement et au mot latin Verus, vera, veritas. Est vrai un jugement qui est cohérent, logique, conforme à la réalité constatée, en adéquation.

    Deuxième sens :

    • 2 Mais à côté de cette vérité du jugement, il y a ce qu’on appelle la vérité ontologique, philosophique,métaphysique, plus profonde, celle que connaissent bien les petits enfants à savoir « le vrai de vrai » :

    • Elle désigne l’être profond de la chose, ce qu’elle est vraiment, son essence :
    « La guerre de Sécession, la vraie guerre », Timothy O’Sullivan, bataille de Gettyburg en 1863, première photographie de presse prise sur un champ de bataille.

    En grec, cette vérité philosophique renvoie à aleitheia qui veut dire « dévoiler« , « soulever le voile« 

    Reste de la Tradition grecque : le dévoilement de la croix le jour de Pâques

    Dans votre manuel de référence, accessible gratuitement en ligne sur  https://mesmanuels.fr/acces-libre/5589832

    Texte n°9, page 177.

    Texte de SPINOZA (1632-1677) :

    • « La première signification donc de Vrai et de Faux semble avoir tiré son origine des récits et l’on a dit vrai un récit quand le fait raconté était réellement arrivé; faux quand le fait raconté n’était arrivé nulle part. Plus tard, les Philosophes ont employé le mot pour désigner l’accord ou le non accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle Idée Vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle même ; Fausse celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature dans l’esprit. Et de là on en est venu à désigner de même par métaphore des choses inertes; ainsi quand nous disons de l‘or vrai ou de l’or faux, comme si l’or qui nous est présenté racontait quelque chose sur lui même, ce qui est ou n’est pas en lui. » Baruch Spinoza, Pensées métaphysiques (1663).

    Thème du texte :

    Qu’est-ce que la vérité ? Quelle est son origine ? La signification des adjectifs « vrai » et « faux ».

    Thèse :

    C’est uniquement dans l’ordre du langage et des jugements que nous pouvons construire et exprimer le vrai et le faux, c’est par le langage que ces termes prennent sens. La vérité est un jugement sur les choses, elle n’est pas à confondre avec la réalité. La vérité n’est pas une chose que l’on perçoit devant soi. Elle est une manière de qualifier un jugement.

    Conclusion :

    Tout l’intérêt de ce texte est de mettre en évidence le lien qui unit la vérité et le langage, la vérité et le discours. Ce qu’il faut donc retenir surtout, c’est que l’opinion commune confond généralement la vérité avec la réalité, or la vérité n’est pas la réalité. La vérité est une qualité du discours, un jugement sur la réalité.

    Mais au fait :

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    2°) Le problème central de la notion :

    TEXTE de BERTRAND RUSSELL (1872-1970) (philosophe anglais) :

     » Pour bien comprendre toute la difficulté, concentrons notre attention sur la table. A la vue elle est rectangulaire, de couleur marron et brillante, au toucher elle est lisse, froide et dure ; quand je la frappe, elle rend le son sourd du bois. Quiconque voit et touche la table, ou perçoit ces sons sera d’accord avec cette description, si bien qu’il peut sembler qu’il n’y a là nulle difficulté ; pourtant, dès que nous essayons d’être plus précis, notre embarras commence. Bien que je croie que la table est “réellement” partout de la même couleur, les parties qui réfléchissent la lumière semblent plus brillantes que les autres, et certaines semblent blanches à cause de la réflexion. Je sais que si je me déplace la distribution apparente des couleurs sur la table aura changé. Il s’ensuit que si plusieurs personnes regardent la table au même moment, il n’y en aura pas deux qui verront exactement la même distribution de couleurs, puisque deux personnes différentes ne voient pas la table sous le même angle et que tout changement de point de vue transforme la manière dont la lumière est réfléchie.

    Ces différences sont en général sans importance, mais pour le peintre elles sont capitales : le peintre doit perdre l’habitude qui consiste à penser que les choses paraissent de la couleur que le sens commun leur attribue comme leur couleur « réelle », et doit apprendre à voir les choses telles qu’elles lui apparaissent.

    Nous voyons surgir ici une distinction parmi les plus embarrassantes philosophiquement – la distinction entre « apparence » et « réalité » – entre ce que les choses semblent être et ce qu’elles sont. Le peintre veut saisir l’apparence des choses, l’homme pratique [l’homme tourné vers l’action] et le philosophe veulent connaitre les choses telles qu’elles sont. »

    Bertrand Russell, « Apparence et réalité », in Problèmes de philosophie (1912).

    Un peintre : Augustin Le Sidaner (1862-1939) :

    La table au soleil.

    Intérieur avec une nappe rose

    La table, harmonie en rouge

    La nappe blanche

    Conclusion générale du texte :

    Dans le texte de Russel, on voit bien quel est le problème philosophique central de la vérité pour l’homme pratique et pour le philosophe. On ne voit des choses que ce que l’on en perçoit or personne ne voit en réalité les choses de la même manière selon la position où il se trouve.Toute perception semble donc relative et subjective. C’est par exemple ce que cherche à montrer un artiste, un peintre, il cherche à montrer comment il sent les choses, il les voit, lui, dans sa singularité.

    Mais nous, l’homme pratique comme le philosophe, on veut savoir autre chose, si, par exemple, une bouteille d’eau est vraiment de l’eau ou n’est pas contaminée, empoisonnée par la belle-mère !

    Le verre de la belle-mère !

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    Alors questions de la notion :

    Qu’est-­‐ce que l’apparence ? Comment sortir des apparences ? Où trouver la vérité ?

    Y-a-t-il une vérité des apparences ?

    PLATON ne se demandait-il pas  « Faut-il « sauver les apparences » ?

    CINÉMA :

    Réalisateur Matthieu Mares-Savelli – Genre : Court Métrage

    ILLUSTRATION DE COUVERTURE ; Henri Matisse, Dîner Table

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    LA VÉRITÉ / 2

    II. Oui, la vérité, ce sont les apparences ! (thèse du phénoménisme antique) :

    1° ) La position des Sophistes :

    Les Sophistes : contemporains et adversaires de Socrate.

    TEXTE DE PLATON, extrait du « Théétète » :

     » SOCRATE :

    Il semble bien que ce que tu dis de la science n’est pas chose banale ; c’est ce qu’en disait Protagoras lui-même. Il la définissait comme toi, mais en termes différents. Il dit en effet, n’est-ce pas, que l’homme est la mesure de toutes choses, de l’existence de celles qui existent et de la non-existence de celles qui n’existent pas. Tu as lu cela, je suppose ?

    THÉÉTÈTE :

    Oui, et plus d’une fois.

    SOCRATE :

    Ne veut-il pas dire à peu près ceci, que telle une chose m’apparaît, telle elle est pour moi et que telle elle t’apparaît à toi, telle elle est aussi pour toi ? Car toi et moi, nous sommes des hommes.

    THÉÉTÈTE :

    C’est bien ce qu’il veut dire.

    SOCRATE :

    Il est à présumer qu’un homme sage ne parle pas en l’air. Suivons-le donc. N’arrive-t-il pas quelquefois qu’exposés au même vent, l’un de nous a froid, et l’autre, non ; celui-ci légèrement, celui-là violemment ?

    THÉÉTÈTE :

    C’est bien certain.

    SOCRATE :

    En ce cas, que dirons-nous qu’est le vent pris en lui-même, froid ou non froid ? ou bien en croirons-nous Protagoras et dirons-nous qu’il est froid pour celui qui a froid, et qu’il n’est pas froid pour celui qui n’a pas froid ?

    THÉÉTÈTE :

    Il semble bien que oui.

    SOCRATE :

    N’apparaît-il pas tel à l’un et à l’autre ?

    THÉÉTÈTE :

    Si.

    SOCRATE :

    Alors apparaître, c’est être senti ? « 

    Platon, extrait du Théétète.

    Conclusion générale :

    Dans le Théétète, Platon nous rappelle la position des Sophistes. Pour Protagoras, le chef de l’école, l’Homme est le seul critère de la vérité (critique de la religion). Du coup, la vérité est individuelle, subjective, elle dépend du point de vue de chacun. Il n’y a donc pas une vérité, mais des vérités ; la vérité est multiple (thèse relativiste), subjective, et pour l’atteindre il suffit de sentir, de percevoir les choses (thèse phénoméniste). D’ailleurs, pour les Sophistes, et c’est la devise de l’école : « A chacun sa vérité ».

    Vérité subjective : « A chacun sa vérité » !

    Remarques :

    Pour les Sophistes, il n’y a donc pas de vérité absolue ou officielle à enseigner, chacun a sa vérité. Mais alors quoi faire en cours ? Non pas exposer LA vérité mais apprendre demain à l’élève à montrer que sa vérité est la meilleure, convaincre ! Les Sophistes privilégient la rhétorique, l’art de bien parler, de convaincre par la parole.

    Mais quant aux Dieux et à la Religion, Protagoras n’y croit pas ! Ils ne croient comme St Thomas l’Apôtre que ce qu’ils voient :

    LE CARAVAGE, L’incrédulité de St-Thomas

    Les Dieux ? on ne les voit pas , on ne les sent pas, on ne les entend pas !

    Annexe :

    2. La critique des Sophistes par Socrate :

    TEXTE DE PLATON, extrait du Cratyle :

    SOCRATE :

    Voyons, Hermogène · penses-tu aussi que les êtres n’aient qu’une existence relative à l’individu qui les considère, suivant la proposition de Protagoras, que l‘homme est la mesure de toutes choses ; de sorte que les objets ne soient pour toi et pour moi que ce qu’ils nous paraissent à chacun de nous individuellement ; ou bien te semble-t-il qu’ils aient en eux-mêmes une certaine réalité fixe et permanente?

    HERMOGÈNE :

    Je l’avoue, Socrate, j’en suis venu autrefois,  dans mes incertitudes, aux opinions de Protagoras. Néanmoins je ne puis croire qu’il en soit tout-à-fait ainsi.

    SOCRATE :

    Quoi donc, en es-tu venu quelquefois à croire que nul homme n’est tout-à-fait méchant ?

    HERMOGÈNE :

    Non, par Jupiter; souvent, au contraire, j’ai été dans le cas de trouver des hommes tout-à-fait méchants; et j’en ai trouvé un bon nombre.

    SOCRATE :

    Et n’en as-tu pas vu qui t’aient semblé tout-à-fait bons ?

    HERMOGÈNE.

    Pour ceux-là, bien peu.

    SOCRATE :

    Mais tu en as vu?

    HERMOGÈNE :

    J’en conviens.

    SOCRATE :

    Et comment l’entends-tu? N’est-ce pas que ces derniers étaient tout-à-fait raisonnables, et que les hommes tout-à-fait méchants étaient tout-à-fait insensés?

    HERMOGÈNE :

    C’est mon sentiment.

    SOCRATE :

    Mais si Protagoras a raison, s’il est vrai que les choses ne sont que ce qu’elles paraissent à chacun de nous, est-il possible que les uns soient raisonnables et les autres insensés ?

    HERMOGÈNE :

    Non vraiment.

    SOCRATE :

    Tu es donc, à ce qu’il me semble, tout-à-fait persuadé que puisqu’il y a une sagesse et une folie, il est tout-à-fait impossible que Protagoras ait raison. En effet, un homme ne pourrait jamais être plus sage qu’un autre, si la vérité n’est pour chacun que ce qui lui semble.« 

    PLATON, extrait du Cratyle.

    Conclusion :

    C’est dans Le Cratyle de Platon, que Socrate donne ici son objection la plus forte à Protagoras et aux Sophistes. Pour Socrate, si on postule le relativisme (« à chacun sa vérité ») ou une philosophie du devenir (tout coule tout bouge), on se retrouve dans l’incapacité de définir des valeurs, de définir le Bien / le Mal, le Bon / le Mauvais, le Beau / le Laid, le Vrai / le Faux.

    Mais alors si tout se vaut, la vérité du voleur est semblable à la vérité du gendarme.

    Comme l’écrivait Leo Strauss, philosophe autrichien du Droit :

    « Si tout se vaut, le cannibalisme n’est qu’un goût culinaire parmi d’autres »

    Illustration du cannibalisme au Brésil. 1557, par Hans Staden

    Mais alors, où donc est la vérité? Comment la trouver ?

    Chanson française :